L'ONU exprime sa solidarité avec le peuple haïtien un an après le séisme

L'ONU exprime sa solidarité avec le peuple haïtien un an après le séisme

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Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a tenu mercredi à exprimer sa solidarité avec le peuple d'Haïti et avec tous ceux qui ont subi des pertes tragiques il y a un an lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010, « une catastrophe d'une ampleur inégalée ».

Le séisme, ce jour-là, a causé plus de 200.000 morts et plus de 300.000 blessés. 2,3 millions de personnes – soit près d'un quart de la population – ont été déplacées. Le gouvernement haïtien a perdu des milliers de fonctionnaires et une grande partie de ses infrastructures clés a été détruite. Au total, plus de 3 millions d'Haïtiens ont été affectés par la tragédie, dont 2,8 millions dans la capitale Port-au-Prince.

« Cent deux de nos collègues des Nations Unies ont péri et beaucoup d'autres ont souffert de terribles pertes personnelles. Les Nations Unies pleurent ceux qui nous ont quitté pour toujours l'année dernière en Haïti », a dit le porte-parole du Secrétaire général dans une déclaration.

« A cette tragédie, l'une des plus grandes catastrophes naturelles de l'histoire, le monde entier a répondu dans un élan de sympathie et d'aide pour le peuple d'Haïti. La réponse de l'ONU et de la communauté internationale a été l'une des plus importantes jamais entreprise dans ce domaine; elle continue à ce jour à aider les survivants de cette tragédie. Ces efforts doivent être redoublés et renouvelés », a-t-il ajouté.

Ban Ki-moon a appelé la communauté internationale à maintenir son soutien au peuple haïtien et a réitéré le plein engagement de l'ONU à soutenir le gouvernement et le peuple d'Haïti afin de relever les défis de la reconstruction et de construire un avenir sûr et prospère pour tous ses citoyens.

« Nous honorons ceux qui nous ont quitté et portons en nous leur souvenir. Nous honorons également le courage et la détermination dont le peuple haïtien a fait preuve dans ces moments difficiles », conclut la déclaration.

Une cérémonie commémorative a eu lieu mercredi après-midi au siège de l’ONU à New York. Le Secrétaire général a déposé une couronne de fleurs en hommage aux employés de l’ONU et autres victimes du séisme du 12 janvier. Les participants à la cérémonie ont observé 47 secondes de silence, soit la durée de la secousse sismique.

"Quarante-sept secondes, ce n'est pas long. Mais le tremblement de terre en Haïti a été une éternité de chagrin", a dit le Secrétaire général lors de la cérémonie. "Soyons réalistes : le chemin sera long et difficile. Les rues d'Haïti sont encore remplies de décombres. Les écoles, les hôpitaux et l'infrastructure civile, tout reste encore à reconstruire. Pour être franc, la reconstruction est lente. L'aide et les investissements internationaux ne sont pas arrivés aussi vite que nécessaire ou comme promis", a-t-il ajouté.

Il a toutefois noté des progrès, une diminution du nombre de gens vivant dans des camps de déplacés, de l'eau potable fournie à 1 million de personnes chaque jour et de la nourriture distribuée à 2 millions de personnes chaque mois. "Nous fournissons de la sécurité et aiderons un nouveau gouvernement à se mettre en place et à remplir ses responsabilités à l'égard de sa population", a ajouté Ban Ki-moon." Et malgré le lent démarrage, la reprise et la reconstruction démarrent finalement de manière sérieuse."

De leur côté, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont réaffirmé leur soutien à la population et aux autorités haïtiennes dans leurs efforts pour reconstruire leur pays. Dans une déclaration à la presse publiée par la Présidence du Conseil, ils ont également appelé "à un versement rapide des sommes promises pour aider au relèvement d'Haïti".

A Port-au-Prince, où une cérémonie commémorative a également eu lieu, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU en Haïti, Edmond Mulet, a tenu à exprimer au peuple haïtien que les Nations Unies resteraient "de tout cœur avec lui."

“Au-delà de ces chiffres épouvantables qui continuent de nous obséder de nuit comme de jour, aujourd'hui je voudrais saluer la mémoire et le courage de tous ceux qui, en Haïti ou ailleurs, ont perdu un enfant, un père, une mère, un frère, une sœur, une ou un ami, un voisin”, a déclaré M. Mulet dans un communiqué.

“Tout en honorant les morts, honorons aussi les vivants car les défis à venir sont encore considérables”, a-t-il ajouté, faisant part de la détermination des Nations Unies à poursuivre inlassablement leurs efforts pour contribuer au relèvement d’Haïti et continuer à assister ceux qui ont encore si cruellement besoin d’aide.

De son côté, la Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a appelé la communauté internationale à respecter ses engagements moraux et à faire davantage pour Haïti.

« La situation en Haïti reste catastrophique », a dit Mme Bokova. « Le sort d’Haïti est une responsabilité que nous partageons avec le peuple haïtien et nous pouvons en faire un modèle de coopération internationale ».

« Haïti a besoin d’aide, pas de charité », a ajouté Michaëlle Jean, l’ancienne Gouverneure générale du Canada née en Haïti, actuelle Envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti. « Ce dont le peuple haïtien a besoin pour surmonter la catastrophe, c’est d’un investissement à long terme dans ses institutions sociales, notamment éducatives et culturelles, qui sont des composantes vitales pour son avenir ».

Pour marquer l’anniversaire du 12 janvier, Michaëlle Jean s’est rendue à Port-au-Prince. Il s’agit de sa première visite dans le pays depuis qu’elle a pris ses fonctions d’Envoyée spéciale en novembre dernier.