Côte d'Ivoire : le Conseil de sécurité condamne les attaques contre les civils

11 janvier 2011
Un groupe de réfugiés de Côte d'Ivoire attendant d'être enregistrés dans l'est du Libéria.

Le Conseil de sécurité a condamné, dans une déclaration à la presse publiée lundi soir, les attaques perpétrées contre des civils ivoiriens et les Casques bleus de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), au moment où le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) déclare avoir dénombré plus de 25.000 réfugiés ivoiriens au Libéria.

« Les membres du Conseil de sécurité condamnent les attaques perpétrées contre les Casques bleus et les civils. Les membres du Conseil de sécurité soulignent que les responsables de ces crimes contre le personnel des Nations Unies et les civils seront poursuivis », souligne la déclaration publiée par la Présidence du Conseil de sécurité.

Le Conseil a exprimé sa profonde inquiétude au regard de « la violence continue et des violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire, notamment contre les Casques bleus ». Il condamne toute tentative « délibérée » d'empêcher l'ONUCI d'exercer son mandat, « y compris la protection des civils et l'enquête sur des crimes perpétrés ».

Les Etats membres ont également fermement condamné les informations diffusées par la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI), dont « l'incitation à la violence notamment contre les Nations Unies ».

Le Conseil de sécurité a salué les efforts de médiation de l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Il a appelé les Ivoiriens à faire preuve de « retenue » et à « travailler ensemble pour instaurer une paix durable ». Les Etats membres ont aussi « déploré le blocage de l'Hôtel du Golf » où le Président élu Alassane Ouattara reste confiné.

De son côté, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué mardi avoir dénombré plus de 25.000 Ivoiriens ayant fui au Libéria voisin. Selon l'agence onusienne, environ 600 personnes passent la frontière chaque jour.

« Alors que des personnes continuent de fuir la Côte d'Ivoire vers l'ouest, le HCR a commencé à travailler ce week-end sur un nouveau camp de réfugiés dans la ville de Bahn, à l'est du Libéria. La capacité d'accueil initiale pour ce camp de réfugiés sera de 18.000 personnes », a indiqué un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse.

« Nos planificateurs de site et la communauté locale travaillent main dans la main pour défricher 80 hectares de jungle pour le camp, qui se situe sur un terrain alloué par les autorités libériennes. On compte désormais 25.000 réfugiés ivoiriens au Libéria, avec environ 600 nouveaux arrivants par jour », a-t-il précisé.

L'établissement d'un camp « permettra de mieux protéger les réfugiés et d'alléger la charge pesant sur les communautés libériennes qui accueillent ces personnes dans environ 23 villages situés le long de la frontière avec la Côte d'Ivoire ».

Le HCR prévoit de terminer la création du camp d'ici deux semaines. Des services de base seront assurés, notamment des soins de santé, la distribution d'eau potable, des systèmes d'assainissement et la scolarisation des enfants.

Parallèlement, le HCR continue à distribuer de l'aide aux villages où se trouvent les réfugiés. Mardi, les équipes déployées sur place ont commencé la distribution de bâches en plastique, de couvertures, de matelas, d'ustensiles de cuisine et d'autres articles domestiques à plus de 10.000 réfugiés dans la région frontalière de Buutuo bordant le département de Guiglo en Côte d'Ivoire.

« Les réfugiés continuent à nous indiquer que, dans la plupart des cas, ils fuient par crainte d'une flambée de violence et non pour avoir subi de la violence », a conclu Adrian Edwards.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.