Navi Pillay appelle les Etats à agir face aux violences religieuses

7 janvier 2011
Navi Pillay.

« Les récentes attaques meurtrières contre des communautés religieuses dans différents pays ont été menées par des groupes extrémistes et il est clair que cette montée du fanatisme pose des difficultés particulières pour les États », a déclaré vendredi la Haute commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, dans un communiqué.

« Les récentes attaques meurtrières contre des communautés religieuses dans différents pays ont été menées par des groupes extrémistes et il est clair que cette montée du fanatisme pose des difficultés particulières pour les États », a déclaré vendredi la Haute commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, dans un communiqué.

Après avoir condamné les attentats visant des groupes religieux à travers le monde ces dernières semaines, elle a estimé que les Etats pouvaient prendre « un certain nombre de mesures importantes qui aideraient à promouvoir la tolérance religieuse et à réduire le nombre de ces attaques à long terme ». Elle les a notamment appelé à mettre un terme aux lois et pratiques discriminatoires visant les minorités religieuses.

Revenant sur l'attentat à la bombe contre une église copte à Alexandrie le soir de la Saint Sylvestre, qui a tué au moins 21 personnes et en a blessé des dizaines d'autres, Navi Pillay a salué la condamnation générale de nombreux chefs religieux, responsables politiques et représentants de la société civile égyptienne. Elle s'est également dite « particulièrement encouragée par la forte réaction de beaucoup de musulmans ordinaires » ayant soutenu ces condamnations.

« Les attaques contre les églises, mosquées, synagogues, temples et autres sites religieux à travers le monde, ainsi que les attaques ciblées contre les individus, devraient servir de signal d'alarme pour nous tous », a poursuit Navi Pillay dans son communiqué, avant de citer plusieurs exemples : les attaques sectaires perpétrées à la veille de Noël dans les villes de Jos et de Maiduguri au Nigeria, celles contre les minorités religieuses au Pakistan, notamment la communauté Ahmadi visée en septembre par un attentat qui a fait plus de 40 morts, l'attentat à la bombe contre une mosquée en Iran en décembre, les incendies criminelles de onze églises, un couvent, un temple sikh, une mosquée et plusieurs salles de prière musulmane en Malaisie en janvier 2010, la poursuite des attaques meurtrières contre les musulmans chiites ainsi que chrétiens et d'autres groupes religieux en Iraq.

« Ce n'est pas un défi limité à une région ou une religion. Tous les pays ont des minorités religieuses, et plusieurs de leurs membres font face à la discrimination à un degré plus ou moins fort. Tous les États ont non seulement un devoir moral, mais aussi l'obligation de s'assurer que ces minorités sont protégées », a insisté Navi Pillay.

« Les États du monde entier peuvent et doivent s'assurer que leurs approches, leurs politiques publiques, leurs systèmes judiciaires et leurs législations font la promotion de la tolérance des différentes croyances. Ils doivent également s'assurer que les incitations à la haine religieuse sont punies par la loi », a-t-elle encore ajouté.

Dans son communiqué, la Haute commissaire rappelle ensuite que « la liberté de religion doit être protégée pour tous », rappelant qu'il « est également vital que les autorités luttent contre l'exploitation politiques des religions ».

Estimant aussi que les États « devraient encourager l'expression et la promotion de l'identité des minorités », elle a exhorté les gouvernements à redoubler d'efforts pour supprimer les obstacles qui demeurent et adresser à leurs populations un signe clair de l'importance primordiale d'assurer la protection des minorités religieuses ».

 

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