Côte d'Ivoire : l'ONU étudie l'envoi de Casques bleus supplémentaires

Côte d'Ivoire : l'ONU étudie l'envoi de Casques bleus supplémentaires

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Alors que le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a estimé devant le Conseil de sécurité que des troupes supplémentaires étaient nécessaires pour renforcer les effectifs de la Mission en Côte d'Ivoire (ONUCI), le Directeur de la Division des Droits de l'Homme de la mission, Simon Munzu, a pour sa part indiqué, que 31 personnes avaient été tuées depuis le 30 décembre, dans des atteintes aux droits de l'homme.

Alors que le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a estimé devant le Conseil de sécurité que des troupes supplémentaires étaient nécessaires pour renforcer les effectifs de la Mission en Côte d'Ivoire (ONUCI), le Directeur de la Division des Droits de l'Homme de la mission, Simon Munzu, a pour sa part indiqué, que 31 personnes avaient été tuées depuis le 30 décembre, dans des atteintes aux droits de l'homme.

« J'ai informé le Conseil de sécurité de l'intention du Secrétariat de l'ONU de demander des troupes supplémentaires pour pallier au manque, actuellement comblé par des éléments de la Mission au Libéria (MINUL) initialement déployés temporairement pour la période électorale », a déclaré Alain Le Roy, après son exposé consacré à la situation en Côte d'Ivoire.

« La demande sera « officiellement présentée la semaine prochaine, elle concerne 1.000 à 2.000 soldats supplémentaires », a-t-il ajouté.

A l'heure actuelle, l'effectif de l'ONUCI autorisé par le Conseil de sécurité est de 8.650 hommes en uniforme, dont 7.200 Casques bleus, 192 observateurs militaires et 1.250 policiers, dont 900 unités de police constituées et 450 agents de police.

Pour l'élection présidentielle de novembre, l'ONUCI avait aussi déployé des renforts venus de sa mission au Libéria (MINUL), dont 500 militaires, trois compagnies d'infanterie et deux hélicoptères militaires. Aujourd'hui, 2.939 soldats et 480 policiers sont déployés à Abidjan, dont 748 militaires et policiers dédiés à la protection de l'Hôtel du Golf, où est assiégé le président élu Alassane Ouattara.

Devant le Conseil de sécurité, Alain Le Roy a également dénoncé « les restrictions à la liberté de circulation rencontrées par l'ONUCI dans la capitale et ailleurs, principalement dans l'ouest ». Cela reste « une préoccupation majeure », a-t-il ajouté, avant d'indiquer que « les incidents de barrages routiers et d'agression par les forces régulières et irrégulières fidèles à M. Gbago continuent ».

Il a également insisté sur le fait que « l'Hôtel du Golf, siège du Président Ouattara et de son gouvernement, restait sous la protection de l'ONUCI », qu'il était « encore encerclé par des forces régulières et irrégulières fidèles à Mr. Gbagbo, qui empêchent la liberté de mouvement de l'ONUCI et des civils dans et hors de l'hôtel ».

Rappelant ensuite que la liberté de circulation dont doit jouir l'ONUCI est « essentielle non seulement pour s'acquitter de son mandat et assurer son approvisionnement, mais aussi pour la protection des droits civils et humains », Alain Leroy a conclu en soulignant que la mission ferait néanmoins « de son mieux pour protéger tous les civils, quelle que soit leur appartenance politique ».

Jeudi, lors d'une conférence de presse à Abidjan, le Directeur de la Division des Droits de l'Homme de l'ONUCI, Simon Munzu, a indiqué que l'ONUCI avait dénombré depuis le 30 décembre 2010, « 31 nouveaux cas de personnes décédées dans des circonstances susceptibles d'être qualifiées d'atteintes au droit à la vie ».

« Dix sept nouveaux cas de disparitions forcées dans les quartiers d'Abidjan ont également été recensés », a-t-il ajouté, précisant que « ces informations ont été recueillies à partir du Centre d'appels mis en place par l'ONUCI, qui a enregistré 204 appels sur 316 cas de violations des Droits de l'Homme en une semaine ».

Parmi les exactions relevées par le Comité de suivi, Simon Munzu a notamment cité la récente descente des Forces de défense et de sécurité (FDS) au siège des partis politiques PDCI et RHDP. Selon un communiqué de l'ONUCI, elle aurait fait « au moins un mort et entre 35 et 80 personnes auraient été arrêtées ». « Ces personnes auraient été amenées à la Préfecture de police d'Abidjan et nous ne sommes pas sûrs de leur sort », a souligné Simon Munzu.

« L'ONUCI continuera à travailler parce que notre action va dans l'intérêt des populations ivoiriennes et jusqu'à preuve du contraire celles-ci continuent à apprécier ce que nous faisons, même dans le contexte actuel où les relations entre la mission et certains politiques semblent tendues », a conclu le responsable des Droits de l'Homme de la mission onusienne.