Sud-Soudan : les autorités doivent garantir un référendum libre et équitable

Sud-Soudan : les autorités doivent garantir un référendum libre et équitable

Un centre d'inscription des électeurs dans un camp de déplacés à Khartoum.
La Haute commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, a appelé jeudi les autorités du Nord et du Sud-Soudan à garantir que le référendum du 9 janvier soit « libre et équitable » et que le vote « ne soit pas marqué par des violation des droits des citoyens avant, pendant et après le référendum ».

« C'est un moment crucial dans l'histoire du Soudan », a déclaré Navi Pillay dans un communiqué de presse. « Il est essentiel que le vote soit libre et équitable et que le gouvernement national et le gouvernement du Sud-Soudan prennent les mesures adéquates pour mettre un terme à toutes tentatives d'intimidations de groupes ou d'individus ou de corrompre les résultats », a-t-elle ajouté.

Navi Pillay a salué le déroulement de la phase de préparation du référendum. Elle a également félicité le gouvernement d'avoir affirmé vouloir respecter les résultats du scrutin et de continuer à contribuer à développer des relations pacifiques avec le Sud-Soudan si la séparation était votée.

« Cependant, à l'approche du référendum, d'inquiétantes restrictions de la liberté de la presse et de détentions et d'arrestation arbitraires ont été constatées. Les deux gouvernements doivent garantir que ces problèmes ne réapparaissent plus dans les prochains jours et semaines », a prévenu la Haute commissaire aux droits de l'homme.

Navi Pillay a également exprimé son inquiétude sur les déclarations provocatrices de représentants politiques et a appelé les dirigeants des deux camps à refreiner ce type de déclaration.

Le président du panel de l'ONU, en charge d'assister les autorités pour l'organisation du référendum, Benjamin Mkapa, a exhorté « tous ceux qui se sont enregistrés sur les listes électorales à aller voter ». « Nous sommes à la veille d'un moment historique pour le peuple du Sud-Soudan. Ce vote est le couronnement de l'Accord de paix global qui a mis fin au conflit », a-t-il ajouté.

Le vote commencera le 9 janvier prochain et doit se prolonger jusqu'au 15 janvier. Plus de 2.600 bureaux et centres de vote ont été mis en place. La police de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) a formé plus de 22.000 policiers du Sud-Soudan ainsi que 1.448 membres d'unités de sécurité entrainés à la gestion des foules et le maniement d'armes spécifiques.

Le Coordonateur régional des Nations Unies pour le Sud-Soudan, David Gressly, a félicité jeudi dans un communiqué de presse les membres de bureaux de votes et tout le personnel électoral en charge d'organiser le référendum.

« Grâce à leur travail, les nombreux sceptiques qui n'ont jamais pensé que le Sud-Soudan serait prêt à organiser un référendum dimanche prochain se sont trompés », a dit David Gressly. « Chaque personne impliquée dans l'organisation du référendum c'est-à-dire les citoyens et les observateurs soudanais et internationaux devront assurer l'intégrité du processus », a-t-il ajouté.

Il a aussi indiqué qu'environ 143.000 Sud-Soudanais ont quitté le Nord du Soudan depuis la fin du mois d'octobre et qu'ils continuent d'arriver à un rythme de 2.000 par jour.

« Nous sommes heureux d'avoir signé un accord de cessez-le-feu entre les forces de Gen George Athor et l'Armée de libération du Soudan (ALS) hier à Juba. Cet accord est prometteur pour la tenue d'un référendum calme dans l'Etat de Jonglei », a-t-il conclu.