Haïti : reconstruction et développement durable vont de pair selon le PNUE

5 janvier 2011

Un vaste programme de reconstruction intégrant le développement durable a été lancé mardi dans le sud-ouest d'Haïti, à Port-Salut, par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

En partenariat avec plusieurs partenaires, dont les gouvernements haïtiens et norvégien, des organisations non-gouvernementales locales et internationales et l'Institut de la Terre de l'Université Columbia, l'Initiative pour la Côte Sud (ICS) vise à la remise en état et au développement durable d'une zone de terres fortement dégradées de 780 km² - près de la moitié de Londres - et d'une zone marine d'environ 500 km², sur les vingt prochaines années.

Dix communes, soit près de 205.000 personnes, vont bénéficier directement du programme, qui prévoit le reboisement, la lutte contre l'érosion, la gestion de la pêche, la réhabilitation des mangroves, le développement du tourisme et l'appui à la création de petites entreprises locales. L'ICS doit également permettre d'améliorer l'accès à l'eau, l'assainissement, la santé et l'éducation.

« Le rétablissement des services environnementaux dans cette région est une étape clé pour le rétablissement de secteur d'activités alliant développement réel, développement durable et transition vers une économie verte », a indiqué le Directeur du PNUE, Achim Steiner, dans un communiqué annonçant le lancement du projet.

« Après la forêt de Mau au Kenya et le lac Faguibine au Mali, c'est maintenant Haïti. Le PNUE et ses partenaires sont déterminés à montrer que la restauration et la mise en valeur des écosystèmes sont des catalyseurs efficaces pour lutter contre la pauvreté et réduire la vulnérabilité aux catastrophes naturelles », a-t-il ajouté.

Le lancement de l'ICS, rendu possible par le financement initial de 14 millions de dollars assuré par le gouvernement de la Norvège et l'ONG Catholic Relief Services, est une étape importante pour le PNUE, qui a conçu et développé ce programme avec le gouvernement haïtien et ses partenaires dès le début de 2009, soit un an avant le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a fait plus de 200.000 morts dans l'île des Caraïbes.

« Le destin et le développement d'Haïti sont entre les mains du gouvernement et du peuple d'Haïti, le rôle de la Norvège et des partenaires internationaux est tout simplement de les soutenir », a estimé le Ministre norvégien de l'environnement et du développement international, Erik Solheim, qui a assisté au lancement du projet à Port-Salut.

« Il est clair que toutes les initiatives de développement dans le pays ont besoin d'intégrées la gestion durable des ressources naturelles. Pour le sud d'Haïti, nous voyons des opportunités dans le tourisme, l'énergie propre et l'agriculture durable et nous sommes très heureux d'appuyer les investissements dans ces secteurs d'activités », a-t-il ajouté.

Avant le tremblement de terre dévastateur de janvier 2010, Haïti était déjà l'un des pays les plus pauvres, les moins stables et à l'environnement le plus dégradé de l'hémisphère nord. L'extrême pauvreté, l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité aux catastrophes étant étroitement liés aux questions environnementales telles que la déforestation, l'érosion des sols et des terres, ou la dégradation du milieu marin.

L'Initiative pour la Côte Sud ambitionne donc d'inverser radicalement la tendance sur les deux prochaines décennies, avec cette nouvelle approche du développement, qui met l'accent sur la coordination de l'aide, l'appropriation nationale des ressources et le renforcement des capacités du gouvernement pour éradiquer les causes profondes de la pauvreté, de la dégradation de l'environnement et de la vulnérabilité aux catastrophes naturelles.

 

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