Les inondations en Australie montrent la nécessité de mieux se préparer aux catastrophes

29 décembre 2010
Margareta Wahlström.

Les inondations qui frappent actuellement l'Est de l'Australie montrent à nouveau la nécessité pour tous les pays, développés et en développement, de se préparer à l'avance à des catastrophes s'ils veulent éviter des pertes économiques croissantes alors que les conditions météorologiques sont de plus en plus imprévisibles et extrêmes, a estimé mercredi l'organe de l'ONU chargé de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (ONUSIPC).

Des pluies torrentielles se sont abattues la semaine dernière sur les Etats du Queensland et de Nouvelle-Galles du Sud, dans l'Est de l'Australie, suite au passage du cyclone tropical Tasha. Plus de 1.000 personnes ont été évacuées, dont une bonne partie avec l'aide d'hélicoptères de l'armée et l'état de catastrophe naturelle a été décrété dans 38 régions. Les inondations ont détruit les cultures et ont affecté les opérations dans certaines mines de charbon du Queensland.

"Les dégâts dus aux inondations pourraient atteindre 1 milliard de dollars. Avec les conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles et extrêmes, des coûts de cette ampleur peuvent devenir monnaie courante dans toutes les régions du monde à moins que nous ne changions de toute urgence notre façon de penser et de réagir aux catastrophes », a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour la réduction des risques de catastrophe, Margareta Wahlström.

« À l'ONU, notre intérêt est de changer l'idée que les catastrophes sont 'naturelles' et d'amener les gens à accepter que les catastrophes sont 'causées par l'homme' et qu'il faut s'y préparer. Avec des efforts de planification, il est possible de réduire l'impact des tempêtes ou d'autres risques », a-t-elle expliqué. "Si nous continuons à traiter les catastrophes comme des événements déconnectés de nos actions, rien ne changera. Et nous demeurerons vulnérables à des dégâts de plus en plus coûteux. »

De graves inondations ne sont pas un phénomène nouveau dans l'Est de l'Australie. Selon un site web du gouvernement australien, plus d'un million de kilomètres carrés du Queensland et de Nouvelle-Galles du Sud avaient été inondés en avril 1990.

En janvier 1974, un cyclone avait apporté de fortes pluies à Brisbane et dans de nombreux endroits du sud-est du Queensland et du nord de Nouveau-Galles du Sud. Un tiers du centre-ville de Brisbane et 17 villes de banlieue avaient été sérieusement inondés. Quatorze personnes étaient mortes et plus de 300 autres blessées. Cinquante-six maisons avaient emportées par les eaux et 1.600 autres submergées.

"La clé pour réduire l'impact des catastrophes est d'anticiper les conséquences de notre développement économique et social, et de s'assurer que les évaluations des risques deviennent une partie routinière de la planification", a souligné Mme Wahlström.

Tout au long de l'année 2010, dans le cadre de sa campagne « Rendre les villes résilientes », la SIPC a encouragé les gouvernements locaux à effectuer des évaluations des risques, à attribuer un budget pour la réduction des risques de catastrophe, à maintenir l'infrastructure essentielle qui réduit les risques, et à veiller à l'éducation et la formation sur la réduction des risques. Jusqu'à présent, 159 villes à travers le monde ont rejoint cette campagne.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.