Haïti : la peur du choléra a un impact sur les récoltes, selon la FAO

29 décembre 2010

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) craint qu'une partie non négligeable de la récolte de riz dans le nord-ouest d'Haïti soit perdue du fait des appréhensions des paysans quant à une possible contamination par le choléra.

A l'heure de l'urgence choléra en Haïti, beaucoup de paysans évitent de récolter le riz craignant que les rivières et les canaux qui irriguent les rizières et les champs avoisinants ne soient infectés.

Des rapports font également état de consommateurs qui rechignent à acheter des produits agricoles provenant des zones directement touchées par le choléra, une circonstance aggravante pour le commerce agricole dans la région.

Une mission d'évaluation de la FAO a récemment noté que des cas de décès dans les zones rurales n'étaient pas enregistrés par les autorités locales et qu'en plusieurs circonstances cela était dû au fait que les familles rurales n'avaient pas accès à une information adéquate.

Tout en soulignant que les récoltes perdues affectent la production alimentaire et, par voie de conséquence, la sécurité alimentaire et les moyens d'existence des populations, la FAO œuvre de près avec les autorités haïtiennes et les agences des Nations Unies spécialisées en santé et hygiène publique pour offrir aux agriculteurs les informations adéquates sur les précautions à prendre dans les champs.

Actuellement, la FAO et ses partenaires en agriculture appuient également l'évaluation de l'impact du choléra sur la sécurité alimentaire et les moyens d'existence des ruraux conduite par la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA).

Selon Etienne Peterschmitt, coordonnateur pour le compte de la FAO de l'urgence et de la réhabilitation en Haïti, il est extrêmement important que les mesures d'atténuation de la transmission de la maladie ciblent les communautés rurales et, plus particulièrement, les travailleurs agricoles.

Une évaluation rapide de la FAO a révélé que les émissions radiophoniques qui visent à sensibiliser les populations ne couvrent pas certaines zones reculées. Un effort de sensibilisation accru ciblant les communautés rurales à faibles revenus devrait être effectué de manière plus directe par le biais de la formation et du travail d'information sur le terrain.

Sans une réponse opportune aux dégâts causés à l'agriculture haïtienne par les inondations et le choléra, la sécurité alimentaire pourrait se détériorer, ce qui aggraverait les conséquences du tremblement de terre de janvier dernier sur les populations rurales pauvres.

L'impact du choléra a été amplifié par les inondations de novembre 2010, provoquées par l'ouragan Tomas. Celui-ci a fortement endommagé les infrastructures rurales et dévasté 78.000 hectares de champs cultivés tout en aggravant la propagation du choléra qui a débouché sur une crise sanitaire pour plus de 50.000 familles rurales.

 

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