Côte d'Ivoire : les Casques bleus feront usage de la force s'ils sont attaqués

24 décembre 2010

Les Casques bleus de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) feront usage de la force s'ils sont attaqués, comme l'autorise le mandat octroyé par le Conseil de sécurité de l'ONU, a prévenu vendredi le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy.

"Nous avons un mandat très clair qui est d'essayer au maximum de prévenir les exactions et de contribuer à la protection de tous les civils ivoiriens quelles que soient leur origine. C'est une tâche extrêmement difficile dans les circonstances actuelles", a dit M. Le Roy dans un entretien à la Radio des Nations Unies et à ONUCI-FM.

"L'ONUCI n'est en guerre avec personne. Nous n'avons pas ce mandat-là. Mais en même temps, nous devons avoir une posture robuste car nous voyons bien que beaucoup d'exactions sont commises contre les civils. Donc, nous devons exercer notre mandat : patrouiller, essayer de prévenir tous ces incidents et les dénoncer quand nous n'avons pas pu les prévenir", a-t-il ajouté. "C'est un mandat robuste, dans lequel l'usage de la force est autorisé en cas de légitime défense ou en cas de défense du mandat".

La Côte d'Ivoire est confrontée à une grave crise politique depuis l'annonce des résultats du second tour de l'élection présidentielle du 28 novembre. Alassane Ouattara a été déclaré vainqueur face au Président sortant Gbagbo mais ce dernier refuse de reconnaître sa défaite et de quitter le pouvoir, malgré les appels de la communauté internationale.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) étaient réunis vendredi à Abuja, au Nigéria, au sujet de la crise ivoirienne.

Selon le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, pour pouvoir remplir son mandat de protection des civils, l'ONUCI a besoin "d'avoir le maximum d'hommes possible pour aider à réduire le nombre de personnes qui sont victimes d'atroces violations des droits de l'homme, voire d'assassinats." Interrogé sur l'éventuelle augmentation du nombre de Casques bleus, il a souligné que c'était au Conseil de sécurité et aux Etats membres d'en décider.

Il a rappelé que le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève avait condamné dans une résolution adoptée jeudi les atrocités commises en Côte d'Ivoire. "Nous savons très bien que ceux sont responsables seront traduits devant la justice internationale, ce sont des violations abominables des droits de l'homme", a-t-il ajouté.

Alain Le Roy a insisté sur l'impartialité des Nations Unies en Côte d'Ivoire. "Nous avions un mandat de certification (des résultats de l'élection présidentielle) confié par le Conseil de sécurité, à la demande de l'Union africaine. Cette certification a été exercée, elle a été validée par tous les organes, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'Union africaine, le Conseil de sécurité de l'ONU. Je crois que ce sur ce point-là, nous sommes absolument inattaquables. Nous avons agi de la façon la plus impartiale possible. Nous ne cherchons pas à favoriser un camp ou l'autre", a-t-il dit.

Il a appelé tous les Ivoiriens au calme et à la retenue et notamment les partisans de Laurent Gbagbo à cesser les provocations. Il a aussi salué le personnel de l'ONUCI. "Nous sommes admiratifs devant leur qualité, leur résistance, leur courage. Ils vivent un moment très difficile et font un travail admirable. Ils doivent résister aux intimidations, aux provocations", a-t-il ajouté.

"Il n'est pas question qu'ils soient humiliés", a-t-il conclu.

 

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