Les exportations de l'Asie-Pacifique devraient croître de 10% en 2011, selon l'ONU

23 décembre 2010

Propulsée par de la Chine, la région Asie-Pacifique a enregistré cette année un taux de croissance d'environ 20% de ses exportations et de ses importations malgré des mesures protectionnistes prises par les pays développés et cette croissance devrait se poursuivre en 2011, à un rythme toutefois plus lent, selon un rapport des Nations Unies publié jeudi.

Propulsée par la Chine, la région Asie-Pacifique a enregistré cette année un taux de croissance d'environ 20% de ses exportations et de ses importations malgré des mesures protectionnistes prises par les pays développés et cette croissance devrait se poursuivre en 2011, à un rythme toutefois plus lent, selon un rapport des Nations Unies publié jeudi.

« Bien que la stimulation de la demande intérieure et l'investissement aient joué un rôle important dans la relance, les exportations continuent d'être le principal moteur de croissance dans les pays asiatiques », a déclaré Ravi Ratnayake, Directeur Commerce et investissement au sein du Conseil économique et social de l'ONU pour l'Asie-Pacifique (CESAP), à l'occasion de la publication du Rapport 2010 sur le commerce et l'investissement de l'Asie-Pacifique.

L'étude montre qu'en 2010, les économies en développement dans la région ont affiché une croissance de 19,3% de leurs exportations et de 20,2% de leurs importations. En 2011, les prévisions établissent que les exportations devraient croître à un rythme robuste de 10,5%, grâce à la Chine, l'Inde, la Turquie et la Malaisie qui tirent la région vers le haut. La part de l'Asie dans les exportations mondiales ne cesse donc par ailleurs d'augmenter.

Le rapport note que la forte performance des exportations et du commerce en général est le résultat du dynamisme de l'économie de la Chine, dont les importations de biens intermédiaires en provenance du reste de l'Asie et les exportations de produits finis vers le reste du monde se sont maintenues à des niveaux élevés.

« Dans les marchés des pays développés, les exportations en provenance de l'Asie-Pacifique sont souvent confrontées à des mesures troubles de protectionnisme, officiellement imposées pour des raisons sanitaires ou de protection de l'environnement, mais qui masquent en réalité des mesures de protection des industries nationales », a souligné Ravi Ratnayake.

Le rapport identifie ensuite plusieurs risques qui pourraient entraîner une baisse du commerce de l'Asie-Pacifique, à commencer par la stagnation persistante de la demande des consommateurs en Europe, au Japon et aux Etats-Unis. Parmi les autres facteurs de ralentissement, l'étude de l'ONU cite l'adoption de politiques d'austérité dans les différents pays, la dette et crise de l'euro en Europe, le risque d'affrontement entre devises régionales et les incertitudes qui demeurent quant au régime de régulation des échanges et du commerce international.

Le rapport met notamment en garde contre les effets de l'impasse dans laquelle se trouvent les négociations de Doha menées par l'Organisation mondiale du (OMC) en vue de l'adoption d'un Accord global de libre-échange. Il pointe la multiplication par conséquent des accords bilatéraux ou régionaux de libre échange qui entraîne une confusion et moins de transparence dans les règles commerciales. Dans la région Asie-Pacifique, près de 35% de tous les échanges effectués se déroulent dans le cadre de tels accords.

Le rapport note également que si de nombreux pays de la région commercent de plus en plus, seuls certains le font de manière plus efficace. La Chine tire encore son épingle du jeu, en ayant réalisé « des progrès impressionnants dans la réduction de ses coûts en matière de commerce international », qui la place « au niveau de l'Allemagne et de la Malaisie pour les économies ayant les plus faibles coûts en matière de commerce international ».

« En Asie-Pacifique, il faut toujours trois fois plus de temps pour compléter les procédures commerciales dans les économies en développement par rapport à celles des pays développés comme l'Australie, le Japon et la Nouvelle-Zélande », a encore insisté Ravi Ratnayake, avant de conclure en estimant qu'il y avait « encore beaucoup à faire pour rationaliser et simplifier les procédures commerciales dans la région ».

 

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