Burundi : le Conseil de sécurité crée un nouveau Bureau de l'ONU plus réduit

16 décembre 2010

Le Conseil de sécurité a adopté jeudi une résolution créant un nouveau Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB), version sensiblement plus réduite de l'actuel bureau onusien existant dans ce pays. Les principales missions du BNUB seront l'assistance pour le renforcement des institutions nationales, la lutte contre l'impunité et la promotion du dialogue et des droits de l'homme.

Le mandat du BNUB a été fixé « pour une période initiale de 12 mois, à compter du 1er janvier 2011 ». Il remplacera le Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB).

Pour les Etats Membres « le bon déroulement de cinq élections consécutives entre mai et septembre 2010, qui, malgré les divisions entre les acteurs politiques, n'ont pas entraîné de violences à grande échelle » marquent une étape « importante dans la consolidation de la paix et de la démocratie ainsi que dans le développement durable au Burundi ».

Entre mai et septembre 2010, la vie politique a été dominée par des élections communales (24 mai), présidentielle (28 juin), législatives (23 juillet), sénatoriales (28 juillet) et collinaires (7 septembre). L'élection présidentielle s'est déroulée en dépit de son boycottage par le parti d'opposition, l'ADC-Ikibiri. Le seul candidat, le Président en exercice, a été réélu avec 91% des voix.

Selon le dernier rapport sur le pays du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, les observateurs internationaux ont déclaré que les élections avaient été pacifiques et bien organisées, tout en regrettant l'arrestation de plusieurs membres de partis d'opposition et la réticence de la Commission électorale à adopter des mesures visant à renforcer la transparence du processus électoral.

Le BNUB concentrera son appui sur le renforcement de l'indépendance, des capacités et les cadres juridiques des institutions nationales essentielles ; la promotion du dialogue entre les acteurs nationaux; la lutte contre l'impunité, notamment par la mise en place de mécanismes de justice transitionnelle; la promotion et la protection des droits de l'homme.

Dans sa résolution, le Conseil encourage « les efforts que fait le gouvernement burundais pour faire une place à tous les partis politiques et continuer d'améliorer le dialogue entre tous les acteurs ». L'organe a cependant exprimé sa « grande préoccupation sur les informations faisant état de la poursuite de violations des droits de l'homme, en particulier des exécutions extrajudiciaires et des cas de torture, et les restrictions imposées aux libertés civiles, y compris la liberté d'expression, d'association et de rassemblement des opposants politiques et des représentants de la société civile ».

Les Etats Membres « demandent instamment au gouvernement d'enquêter sur les rapports faisant état de violations des droits de l'homme, de prendre les mesures nécessaires pour prévenir toutes nouvelles violations et de faire en sorte que ceux qui sont responsables des violations commises soient traduits en justice ».

Enfin, le Conseil salue l'accord tripartite intervenu récemment entre le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), « ainsi que des progrès réalisés dans la recherche de solutions durables et dignes au profit des réfugiés vivant en Tanzanie ».

 

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