Centrafrique : le Conseil de sécurité s'inquiète de l'insécurité

14 décembre 2010

Le Conseil de sécurité de l'ONU a apporté mardi son soutien aux efforts déployés en faveur de la réconciliation nationale en République centrafricaine et s'est félicité des progrès réalisés jusqu'à présent même s'il demeure vivement préoccupé par la situation en matière de sécurité.

A l'issue d'une réunion consacrée à la situation dans ce pays, la Présidence du Conseil, occupée en décembre par les Etats-Unis, a lu une déclaration dans laquelle le Conseil de sécurité « demande au gouvernement centrafricain et à toutes les parties prenantes de poursuivre leurs efforts pour accélérer la préparation et la conduite d'élections libres, régulières, transparentes et crédibles ».

Il salue à cet égard le décret présidentiel de juillet dernier fixant au 23 janvier la date du premier tour des scrutins présidentiel et législatif, ainsi que le déroulement sans violence du processus d'inscription sur les listes électorales. Il appelle cependant la Commission électorale indépendante « à poursuivre ses efforts pour respecter le calendrier fixé », notamment pour « résoudre rapidement les problèmes techniques et logistiques » qui demeurent.

Evoquant ensuite le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) des anciens combattants de groupes rebelles, le Conseil de sécurité demande à ces groupes « de prendre sans tarder les mesures requises pour mener à terme ce processus ». Il appelle également les autorités centrafricaines à accélérer l'élaboration et l'application de sa stratégie de réinsertion des anciens combattants. A cette fin, il encourage aussi le Bureau de l'ONU pour la consolidation de la paix en Centrafrique (BINUCA) « à apporter sans retard un soutien au processus ».

Autre demande formulée par les membres du Conseil de sécurité au gouvernement centrafricain, la relance des efforts pour réformer les institutions du secteur de la sécurité, qu'ils qualifient « d'élément crucial de la consolidation de la paix, pour traiter l'impunité généralisée, promouvoir l'état de droit et mieux faire respecter les droits de l'homme ».

Abordant ensuite la question de la stabilité du pays, le Conseil se déclare « vivement préoccupé » par la situation sécuritaire et condamne « toutes les attaques de groupes armés qui menacent la population, ainsi que la paix et la stabilité du pays et de l'ensemble de la sous-région ».

Dans ce contexte, il salue le renforcement récent de la coopération entre les Etats de la région, notamment « les recommandations issues de la conférence de l'Union africaine en octobre à Bangui, qui prévoient la création d'un centre d'opérations conjointes, d'une brigade commune et le renforcement de la coopération en matière de patrouilles frontalières ».

Pour conclure, les membres du Conseil de sécurité se félicitent de l'appui de la communauté internationale au processus de réconciliation. Il salue en particulier celui apporté au travail du BINUCA et la prorogation de son mandat d'un an, jusqu'au 31 décembre 2011, compte tenu du retrait de la Mission de l'ONU en République Centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) décidé par le Conseil de sécurité en mai dernier et qui sera achevé le 31 décembre 2010.

 

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