Haïti : le choléra pourrait toucher 400.000 personnes dans les 12 prochains mois

10 décembre 2010

La situation sur le terrain à Haïti est très sensible et il est très difficile d'obtenir des informations sur l'évolution de l'épidémie de choléra qui pourrait toucher 400.000 personnes dans les 12 prochains mois, a indiqué vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

La situation sur le terrain à Haïti est très sensible et il est très difficile d'obtenir des informations sur l'évolution de l'épidémie de choléra qui pourrait toucher 400.000 personnes dans les 12 prochains mois, a indiqué vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon les chiffres du ministère haïtien de la santé publique, 93.222 personnes ont été infectées par la maladie qui frappe le pays depuis le mois d'octobre, dont 2.120 en sont décédées, a précisé une porte-parole de l'OMS, Aphaluck Bhatiasevi, lors d'un point de presse à Genève.

« L'OMS travaille aussi sur la base des estimations établies avec les Centre américain de contrôle et de prévention des maladies, qui prévoient 400.000 cas de choléras dans les 12 premiers mois, dont la moitié dans les trois premiers mois de l'épidémie », a-t-elle poursuivi.

Il y a à l'heure actuelle 105 unités de traitement du choléra, d'une capacité de 1.222 lits et 56 centres de traitement d'une capacité de 4.681 lits. « 71 personnes de l'OMS travaillant sur le terrain dans neuf sites répartis à travers le pays », a-t-elle ajouté.

Interrogée par un journaliste sur les origines de l'épidémie de choléra en Haïti, attribuée par certaines sources reprises par la presse au contingent népalais de casques bleus arrivé dans le pays en septembre, la porte-parole de l'OMS a indiqué que la mission de l'ONU dans le pays (MINUSTAH) avait « mené un certain nombre de tests à l'intérieur du camp militaire, entre le camp et la rivière, et dans la rivière elle-même ». « Tous les résultats se sont révélés négatifs. À ce stade, la MINUSTAH estime a dit qu'il n'y a aucune preuve concluante », a-t-elle dit.

Intervenant à son tour, le porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), Jemeni Pandya, a rappelé que son organisation assurait la direction du groupe de gestion des camps de déplacés en Haïti.

Il a indiqué qu'une « baisse importante du nombre de personnes vivant dans les camps avait été observée depuis le séisme du 12 janvier ».

« La population dans les camps a considérablement diminué au cours des derniers mois, passant de 1,5 million de personnes en juillet à 1,35 million de personnes en septembre, et à près d'un million en novembre », a-t-il précisé, avant d'attribuer cette baisse de 31% en cinq mois à « l'intensité de la saison des pluies qui a rendu la vie dans les tentes insupportable pour beaucoup ».

« Les craintes de choléra dues aux mauvaises conditions d'hygiène et d'assainissement a également convaincu de nombreuses personnes de chercher des solutions de relogement en dehors des camps », a-t-il ajouté.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Ban Ki-moon : la communauté internationale doit faire bien plus pour Haïti

« Aux défis énormes posés par le tremblement de terre du 12 janvier, sont venus s'ajouter le passage de l'ouragan Tomas, l'épidémie de choléra et l'accroissement des tensions politiques. Haïti a besoin et mérite notre soutien », a souligné vendredi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en ouverture d'un débat de l'Assemblée générale de l'ONU sur la situation à Haïti.