Wikileaks : Pillay inquiète des pressions sur le site et ceux qui l'hébergent

9 décembre 2010

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, s'est dite jeudi « inquiète des pressions exercées sur les compagnies offrant des services au site WikiLeaks », qui a mis en ligne sur internet ces derniers mois des centaines de milliers de documents secrets sur l'Iraq, l'Afghanistan et la diplomatie américaine.

« Je suis préoccupée par des informations faisant état de pressions exercées sur des compagnies privées, dont des banques, des sociétés émettrices de cartes bancaires ainsi que des fournisseurs de sites internet, pour qu'ils ferment leurs lignes de crédit pour des dons destinés à WikiLeaks », a-t-elle souligné lors d'une conférence de presse à Genève, dénonçant aussi les pressions existantes sur les hébergeurs du site.

Pour la Haut commissaire, « c'est ce que les medias appellent une cyber-guerre », car l'affaire Wikileaks « soulève des questions complexes de droits de l'homme, sur l'équilibre entre liberté d'information et le droit des personnes à être informées et le besoin de protéger la sécurité nationale et l'ordre public ». Cela étant, elle a estimé que ces pressions « peuvent être interprétées comme une tentative de censure contre la publication d'informations, et pourraient constituer une violation du droit à la liberté d'expression de Wikileaks ».

Dans un entretien à la chaîne de radiotélévision américaine ABC, le Rapporteur de l'ONU sur la liberté d'opinion et d'expression, Frank La Rue, est lui aussi revenu sur l'affaire Wikileaks, et notamment l'arrestation et l'incarcération du fondateur du site Internet, Julian Assange, en insistant sur la différence entre les fuites elles-mêmes et la diffusion de ces fuites.

« S'il y a une responsabilité dans la diffusion de ces fuites, c'est exclusivement celle de la personne qui est responsable de ces fuites et non du media qui prend l'initiative de les diffuser », a-t-il insisté, rappelant que c'était « de cette manière que la transparence fonctionne et que la corruption a été combattue dans de nombreux cas ».

Revenant ensuite sur les pressions exercées sur des sociétés hébergeant le site Wikileaks, Frank La Rue a rappelé qu'il avait « clairement indiqué que le simple fait que des informations aient fuité ne pouvait pas excuser des pressions quelconques sur des entreprises ».

 

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