Méningite : l'Afrique dispose de son propre vaccin pour éradiquer la maladie

6 décembre 2010
Des gens attendant de se faire vacciner contre la méningite au Burkina Faso.

Le Burkina Faso est devenu lundi le premier pays à lancer une campagne de vaccination utilisant un nouveau vaccin qui devrait permettre l'éradication dans la région de la première cause de méningite épidémique, a indiqué l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le Burkina Faso est devenu lundi le premier pays à lancer une campagne d'immunisation utilisant un nouveau vaccin qui devrait permettre l'éradication dans la région de la première cause de méningite épidémique, a indiqué l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le premier vaccin spécifiquement conçu pour l'Afrique, « MenAfriVac », doit aider les agents de santé à éliminer les épidémies de méningocoque de type A dans les 25 pays qui forment la « ceinture de méningite » qui s'étend du Sénégal à l'Ethiopie, a souligné l'OMS dans un communiqué.

« En investissant une fois pour vacciner l'ensemble de la population, dans tous les pays de la ceinture de la méningite, près de 150.000 jeunes pourraient être sauvées d'ici à 2015 et les épidémies de la maladie pourrait devenir un souvenir passé. C'est à notre portée, nous ne devons pas échouer », a estimé la Directrice de l'organisation, Margaret Chan.

La bactérie de la méningite, qui affecte la paroi entourant le cerveau et la moelle épinière, se transmet par les sécrétions respiratoires ou pharyngées. Des contacts prolongés, les baisers, les éternuements, la toux, le partage de nourriture ou d'un verre facilitent la propagation de la bactérie. La maladie peut ensuite entraîner des lésions cérébrales, une surdité ou des troubles du développement chez 10 à 20% des malades qui y survivent.

Le vaccin « MenAfriVac », vendu moins de 0.50 dollars la dose, a été développé grâce à un partenariat entre l'OMS et l'organisation non gouvernementale, PATH, avec le soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.

Selon l'OMS, grâce à ce modèle de partenariat public-privé unique, le développement de MenAfriVac n'a couté que 50 millions de dollars, une somme dérisoire par rapport à l'investissement habituellement nécessaire pour développer et mettre au point un nouveau vaccin.

« Dès le premier jour, le développement de ce vaccin a été une collaboration entre l'industrie pharmaceutique, les institutions et les individus motivée par un impératif de santé publique. Le développement avec succès d'un vaccin en moins d'une décennie est presque du jamais vu », s'est félicité de son côté le Directeur du projet au sein de l'OMS, Marc LaForce.

« Le modèle créé par le développement de ce vaccin est révolutionnaire et il n'aurait pas pu être réalisé sans les efforts conjoints des ministres africains de la Santé et des nombreux autres partenaires mondiaux. « MenAfriVac » peut maintenant servir de modèle pour le développement de futurs vaccins destinés à lutter contre d'autres maladies mortelles dans des pays à faibles ressources », a souligné quant à lui le Président de PATH, Christopher J. Elias.

Selon l'OMS, le nouveau vaccin présente une série avantages par rapport aux vaccins traditionnels actuellement utilisés pour combattre les épidémies de méningite en Afrique. Il protège ainsi les enfants dés l'âge de 1 an et immunise ceux qui l'ont reçu pour une période beaucoup plus longue que le vaccin classique, permettant ainsi de mieux combattre les transmissions et les épidémies.

L'OMS a par ailleurs salué le rôle et l'engagement du Serum Institute of India, le fabricant du vaccin qui en a assuré le développement rapide. Dans le passé, les pays d'Afrique ont attendus parfois près de 20 ans pour voir un vaccin développé dans les pays industrialisés être commercialisé dans les pays en développement. « MenAfriVac » sera lui introduit en Afrique, avant d'être distribué dans le reste du monde.

Après le Burkina Faso, où plus de 12 millions de personnes vont être immunisés d'ici la fin de l'année, le nouveau vaccin sera utilisé au Mali et au Niger.

 

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