Côte d'Ivoire : l'ONU réclame la publication des résultats de l'élection

1 décembre 2010
Un homme trempe son doigt dans l'encre à un bureau de vote à Abidjan. (octobre 2010)

Alors que les derniers procès-verbaux du second tour de l'élection présidentielle ont été transmis mercredi par l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) à la Commission électorale indépendante (CEI), le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a réclamé la publication "sans délai" des résultats provisoires du second tour.

Dans un communiqué transmis par son porte-parole mercredi soir à New York, le chef de l'ONU "regrette que les résultats provisoires du second tour qui s'est déroulé le 28 novembre n'aient toujours pas été annoncés par la Commission électorale."

"Le Secrétaire général rappelle que l'annonce des résultats provisoires nationaux du second tour par la Commission sont un élément clé de l'intégrité et de la validité du processus électoral et donc un élément important dans le processus de certification des résultats définitifs par son Représentant spécial en Côte d'Ivoire", poursuit le communiqué.

Ban Ki-moon "souligne la nécessité pour la Commission électorale indépendante d'achever son travail et d'annoncer les résultats provisoires sans délai supplémentaire. Si nécessaire, davantage de temps devrait être donné à la Commission électorale indépendante pour cet objectif".

Le Secrétaire général "demande à toutes les parties prenantes et institutions ivoiriennes d'afficher leur responsabilité et d'éviter toute initiative jusqu'à l'annonce des résultats provisoires par la CEI".

Plus tôt dans la journée, le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU avait publié un premier communiqué dans lequel ce dernier exhortait la CEI à annoncer les résultats provisoires du second tour "aujourd'hui" et à respecter ainsi la date butoir prévue, qui avait été fixée au mercredi 1er décembre à minuit.

Il avait appelé « toutes les parties à permettre à la CEI d'achever ses travaux sans entraves, afin d'assurer l'intégrité des résultats de l'élection » et avait rappelé que « toute perturbation du processus électoral ne serait pas dans l'intérêt du peuple de la Côte d'Ivoire ou de la stabilité future du pays ».

Mercredi matin, l'ONUCI a annoncé avoir transmis au siège central de la CEI, à Abidjan, l'intégralité des procès verbaux des 10.000 centres de vote, passés auparavant par les 326 commissions électorales locales, les 326 commissions sous-préfectorales, les 70 commissions départementales et les 19 commissions régionales.

Dans son communiqué, la mission onusienne souligne « qu'il n'y a eu ni incident, ni entrave » à ce transport et qu'elle « a bénéficié partout de l'excellente coopération et de l'appui de la population, des CEI locales et des forces de sécurité ivoiriennes ».

Selon la presse, les partis des deux candidats –le Président sortant Laurent Gbagbo et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara- contesteraient les résultats dans 13 des 19 régions du pays. Lors d'une conférence de presse à Abidjan, le directeur de campagne de Laurent Gbagbo a également annoncé que son parti demandait l'invalidation du scrutin dans quatre régions où Alassane Ouattara serait en tête.

Dans son communiqué publié mercredi dans la journée, le Secrétaire général de l'ONU « prend note des évaluations préliminaires des missions d'observation électorales qualifiant le déroulement du second tour de satisfaisant et globalement crédible ». Il rappelle les déclarations de son Représentant spécial, YJ Choi, selon lesquelles « en dépit de regrettables incidents parfois violents dans différentes parties du pays, le second tour s'est tenu dans un climat démocratique ».

« Le Représentant spécial du Secrétaire général poursuivra ses efforts pour préserver le processus électoral, en conformité avec son mandat de certification, afin que la volonté du peuple ivoirien, telle qu'exprimée lors de l'élection, soit respectée », ajoute encore Ban Ki-moon, qui souligne que « l'ONU continuera de fournir son plein soutien à la conclusion des opérations électorales et au processus de paix ivoirien dans son ensemble ».

De son côté, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exprimé sa vive préoccupation mercredi soir concernant la détérioration de la situation en Côte d'Ivoire due au retard dans l'annonce des résultats provisoires et a prévenu les deux candidats qu'ils seraient tenus pour responsables des actes de violence commis par leurs partisans.

"Ce retard dans l'annonce des résultats a augmenté la peur et l'incertitude parmi les Ivoiriens", a dit Mme Pillay dans un communiqué. "Les déclarations politiques extrémistes ont créé un environnement qui risque d'inciter à la violence à travers le pays, et semblent déjà, dans certains endroits, être la raison principale d'affrontements intercommunautaires". Elle a souligné qu'elle suivait de près la situation en Côte d'Ivoire.

 

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