UNICEF : une génération sans Sida est possible en soignant les plus vulnérables

30 novembre 2010

Pour éradiquer la contamination des nouveau-nés avec le virus du VIH/Sida et atteindre l'objectif d'une génération sans Sida, il est nécessaire de concentrer les efforts sur les communautés les plus désavantagées et vulnérables, conclut le dernier rapport du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

« Afin d'atteindre l'objectif d'une génération libérée du Sida, nous avons besoin de faire plus pour les communautés les plus touchées. Chaque jour, environ 1.000 bébés naissent infectés par leur mère du VIH/Sida en Afrique sub-saharienne », a déclaré mardi le Directeur exécutif de l'UNICEF, Anthony Lake, à l'occasion de la publication du rapport à la veille de la Journée mondiale de lutte contre le Sida.

« Notre cinquième rapport d'inventaire sur les enfants et le VIH/Sida met en lumière les innovations comme le Paquet mère-bébé qui permet de soigner un certain nombre d'enfants et de mères par un traitement à base d'antirétroviraux comme jamais auparavant », a-t-il ajouté.

Alors que les enfants en général ont énormément bénéficié des progrès effectués en matière de lutte contre la maladie, des millions de femmes et d'enfants n'ont pas accès au traitement de Prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant (PTME). Le rapport révèle que les freins à cet accès sont à la fois dus à des barrières sociales, géographiques, d'éducation, de genre et de statut social. Lever ces barrières est crucial afin d'atteindre l'objectif de l'accès universel de connaissances, de soins, de protection et de PTME pour toutes les femmes et les enfants.

Selon, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans les pays à faibles et moyens revenus, 53% des femmes enceintes qui vivent avec le VIH/Sida reçoivent des traitements antirétroviraux afin de prévenir la contamination de la mère à l'enfant, alors qu'en 2008 seules 45% des femmes en recevaient. L'une des progressions les plus significatives est celle d'Afrique de l'est et du sud où la proportion des femmes ayant accès à ce type de traitement est passée de 58% en 2008 à 68% en 2009.

« Nous avons de fortes preuves que l'éradication de la transmission de la mère à l'enfant est réalisable », a pour sa part déclaré mardi la Directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, à l'occasion de la publication du rapport de l'UNICEF.

Le Sida reste l'une des principales causes de décès des femmes en âge de reproduire et une de cause majeure de la mortalité maternelle. En Afrique sub-saharienne, 9% des décès des mères sont attribuables au VIH/Sida.

« Environ 370.000 enfants naissent avec les VIH chaque année. Chacune des ces infections est évitable », a déclaré le Directeur de l'ONUSIDA, Michel Sidibé. « Nous devons empêcher les mères et leurs bébés mourir du VIH. C'est pourquoi j'ai appelé à l'élimination de la transmission de la mère à l'enfant d'ici 2015 », a-t-il ajouté.

Dans les pays à bas et moyens revenus, le nombre d'enfants de moins de 15 ans qui reçoivent des traitements est passé de 275.300 en 2008 à 356.400 en 2009. Cette augmentation signifie que seuls 28% des 1,27 million d'enfants qui ont besoin d'antirétroviraux en reçoivent.

« Nous avons besoin de répondre aux inégalités liées au genre notamment celles qui placent les femmes et les filles dans une situation de risques disproportionnées », a souligné la Directrice exécutive de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova. « Alors que l'on constate une diminution de plus de 25% de l'incidence du VIH chez les jeunes dans 15 pays clés d'Afrique sub-saharienne entre 2001 et 2009, nous devons faire tout ce qui est possible pour soutenir et augmenter cette tendance positive dans le but d'atteindre l'accès universel de la prévention, le traitement, le soin et le soutien », a-t-elle conclu.

Globalement dans le monde, les nouvelles infections au VIH diminuent ou stagnent. En 2001, environ 5,7 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans vivaient avec le VIH. En 2009, ce chiffre est tombé à 5 millions.

Pour la Directrice du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Thoraya Ahmed Obaid, « atteindre les jeunes populations marginalisées notamment les jeunes-filles vulnérables et celles qui ne sont pas l'école doit rester une priorité ».

 

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