Un nouvel atlas des ressources hydriques de l'Afrique montre les défis à relever

29 novembre 2010

Les défis principaux de l'Afrique en matière de ressource en eaux sont exposées de manière claire dans un nouvel Atlas publié par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), qui propose des centaines de cartes détaillées et d'images satellite des 53 pays du continent mettant en lumière les problèmes d'approvisionnement en eau de l'Afrique, comme l'assèchement du lac Tchad ou l'érosion du delta du Nil, mais aussi de nouvelles méthodes efficaces destinée à la conservation des ressources en eau.

Parmi les images les plus frappantes publiées dans ce nouvel atlas lancé à Addis-Abeba, au siège de l'Union Africaine, figurent notamment des photos des sols érodés et du ruissellement des terres agricoles en Ouganda, des pollutions pétrolières au Nigeria, et d'un segment de trois kilomètres du delta du Nil perdu à cause de l'érosion.

L'Atlas du PNUE montre également que la quantité d'eau disponible par personne en Afrique est en déclin constant. Ses auteurs estiment aussi qu'à l'heure actuelle, seulement 26 des 53 pays du continent sont sur la bonne voie pour atteindre l'un des huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), celui visant à réduire de moitié la proportion de la population mondiale n'ayant pas un accès durable à l'eau potable.

L'ouvrage du PNUE montre également comment les défis de la rareté de l'eau en Afrique sont aggravés par la forte croissance démographique, l'impact du changement climatique et, dans certains cas, les choix politiques des dirigeants.

Mais s'il met avant tout en exergue les défis des ressources en eau, l'Atlas proposent aussi des solutions nouvelles et des histoires de succès partout sur le continent africain. Il contient ainsi la première cartographie détaillée montrant comment la conservation des eaux de pluie améliore la sécurité alimentaire dans les régions sujettes à la sécheresse. Des images révèlent aussi comment les projets d'irrigation au Kenya, au Sénégal et au Soudan ont contribué à améliorer la sécurité alimentaire dans certaines régions de ces pays.

« Les changements spectaculaires dans la gestion des ressources en eau vitales de l'Afrique, qu'ils soient positifs ou négatif, apparaissent clairement dans cet Atlas », a souligné le Directeur du PNUE, Achim Steiner, à l'occasion de la présentation du document.

« De l'érosion dans le delta du Nil, à la pollution dans le bassin du fleuve Niger, l'impact du développement des infrastructures ou des déversements d'hydrocarbures non contrôlé sur la vie et les moyens de subsistance des populations sont désormais mis en relief », a-t-il ajouté, avant de souligner que les précédents Atlas établis par le PNUE avait permis d'enclencher « des changements concrets, par exemple des initiatives des gouvernements pour restaurer le complexe forestier de Mau, au Kenya, ou le lac Faguibine, au Mali ».

« Je suis sûr que la présentation des images « avant » et « après », de cet Atlas peut aussi servir de catalyseur pour développer une plus grande sensibilisation aux défis des ressources en eaux et des actions plus décisives sur le terrain », a-t-il conclu.

Au total, l'Atlas des ressources hydriques de l'Afrique propose plus de 224 cartes, 104 images satellite, près de 500 graphiques et des centaines de photos montrant la situation telle qu'elle est aujourd'hui. Les photos «avant» et «après», dont certaines couvrent une période de 35 ans, donnent une image frappante de la transformation des écosystèmes locaux et de leur détérioration.

 

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