Yémen : le HCR inquiet d'une nouvelle escalade de violence dans le nord

23 novembre 2010
Déplacés dans la région d'al-Mazrak, au nord du Yémen.

Au moins 20 personnes auraient été tuées et d'autres blessées ces dix derniers jours au cours des pires violences survenues dans le nord du Yémen depuis la signature du cessez-le-feu en février dernier, a indiqué mardi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Au moins 20 personnes auraient été tuées et d'autres blessées ces dix derniers jours au cours des pires violences survenues dans le nord du Yémen depuis la signature du cessez-le-feu en février dernier, a indiqué mardi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Selon les ONG locales, la société civile et des déplacés yéménites, le renouveau des violences entre les forces Al Houti et les tribus pro-gouvernementales a démarré dans une région isolée du nord-ouest de la province de Sa'ada le 13 novembre, a précisé un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d'une conférence de presse à Genève.

« Un petit nombre de Yéménites arrivés dans la ville de Sa'ada depuis ces régions montagneuses isolées nous indiquent que de lourds combats, essentiellement concentrés dans les districts de Monabih et de Qatabir situés près de l'Arabie saoudite, se déroulent encore à ce jour. Un dispensaire local où des civils blessés reçoivent des soins aurait été pillé », a-t-il ajouté.

Les informations sur les déplacements survenant suite à cette reprise des combats sont sommaires. Selon certains témoignages, des familles du village de Jalhow dans le district de Monabih ont traversé la frontière vers l'Arabie saoudite voisine. « Nous déployons actuellement une petite équipe depuis notre bureau régional de Riyadh pour évaluer le nombre de ces personnes et leurs besoins », a dit le porte-parole du HCR.

Selon lui, cette reprise des violences est alarmante. « Le HCR se joint au comité de médiation locale pour lancer un appel au calme et à la protection de la population civile », a-t-il dit.

L'instabilité et la lenteur de la mise en œuvre de l'accord de paix sont responsables du déplacement interne persistant au Yémen. Plus de 300.000 Yéménites sont toujours déplacés et ils ont besoin d'aide.

A ce jour, seulement 20.000 déplacés internes yéménites environ sont rentrés dans le gouvernorat de Sa'ada. Un grand nombre d'entre eux considèrent l'insécurité, la crainte de représailles et de nouveaux combats, ainsi que la destruction des maisons et des infrastructures comme les principaux obstacles à leur retour. Les mines antipersonnel et les munitions non explosées demeurent également une menace sérieuse. Les victimes sont souvent des enfants, des bergers ou des rapatriés.

A cause de la situation sécuritaire fragile à Sa'ada, le personnel du HCR ne peut accéder aux déplacés et aux rapatriés que dans un rayon de sept kilomètres autour de la ville de Sa'ada. « Récemment, il y a eu des mouvements de travailleurs humanitaires en dehors de cette ceinture de sécurité, mais nous demeurons préoccupés par le manque d'accès et par la situation humanitaire observée dans d'autres parties du gouvernorat », a dit le porte-parole.

Le Yémen accueille également 170.000 réfugiés, pour la plupart des Somaliens et des ressortissants d'autres pays de la corne de l'Afrique.

 

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