L'ONU cherche à renforcer la protection des civils dans les conflits armés

22 novembre 2010
Des civils somaliens ayant fui Mogadiscio.

Lors d'une séance consacrée à la protection des civils dans les conflits armés, le Conseil de sécurité a réaffirmé lundi qu'il incombait aux États « au premier chef de respecter et de garantir les droits humains de toutes les personnes se trouvant sur leur territoire » et que tous les civils touchés par les conflits armés méritaient « assistance et reconnaissance, du fait de la dignité inhérente à tous les êtres humains ».

Dans une déclaration de la Présidence du Conseil de sécurité, les membres du Conseil soulignent également que « la promotion des processus de paix et la réalisation d'une paix et d'un développement durables, ainsi que le respect des droits de l'homme et de l'Etat de droit, revêtent une importance capitale pour la protection à long terme des civils ».

Les Etats membres ont profondément déploré que les civils continuent « d'être les premières victimes des actes de violence dans les situations de conflit armé, notamment du fait de leur ciblage délibéré, d'attaques inconsidérées ou excessives et du recours à la violence sexuelle et sexiste, ainsi que d'autres actes contraires au droit international applicable ».

S'exprimant devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a souligné que « les incidents tragiques récents, notamment en République démocratique du Congo (RDC), au cours desquels des groupes armés ont porté atteinte à la sécurité et à la vie de civils, nous ont tragiquement rappelé l'importance, mais aussi la complexité, de la protection des civils ».

Il a également développé un plan d'action pour améliorer les performances des missions de maintien de la paix : l'élaboration d'un cadre stratégique visant à guider les missions dans leur développement de stratégies globales de protection des civils ; la mise en place de modules de formation pré et post-déploiement et d'un examen approfondi des processus de planification pré-déploiement des Casques bleus.

« Nous devons reconnaître et faire savoir que les opérations de maintien de la paix ne peuvent protéger tous les civils à tout moment, particulièrement quand elles sont déployées sur de très vastes territoires et qu'un conflit est en cours. La communauté internationale et ceux que nous nous efforçons de protéger doivent comprendre que les opérations de maintien de la paix ne peuvent pas être un substitut à l'autorité de l'Etat », a déclaré Alain Le Roy.

« La protection des civils ne résultera sur le long terme que d'institutions étatiques stables et légitimes. Les opérations de maintien de la paix peuvent compléter et aider à développer leurs capacités mais ne peuvent, ni ne doivent, les remplacer », a-t-il insisté devant les membres du Conseil de Sécurité.

Egalement présente à cette séance du Conseil de sécurité, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), Navi Pillay, a pour sa part rappelé la nécessité de conférer des mandats qui garantissent la présence d'experts des droits humains afin d'assister les Etats en situation de conflit et de restaurer l'Etat de droit.

La Secrétaire générale adjointe de l'ONU aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a pour sa part exhorté le Conseil « à étendre sa volonté d'agir dans les conflits » et à utiliser de manière systématique le suivi et la surveillance des données sur l'impact des conflits sur les populations.

A ce sujet, le Conseil de sécurité a rappelé qu'il était important « de mieux former les membres des forces de maintien de la paix à la protection des civils avant leur déploiement ». Il a souligné « l'importance de disposer de normes clairement définies lors du retrait progressif d'une mission de maintien de la paix » et de faire en sorte, lorsqu'il y a lieu, que « ces normes soient assorties d'indicateurs de progrès relatifs à la protection des civils ».

 

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