Kosovo : de nouveaux obstacles compliquent la réconciliation, selon le Représentant de l'ONU

12 novembre 2010

« Depuis l'avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) sur la déclaration d'indépendance unilatérale du Kosovo rendu en juillet, les autorités du Kosovo ont compliqué la coopération avec la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) », a souligné vendredi le Représentant spécial de l'ONU, Lamberto Zannier, à l'occasion de la présentation au Conseil de sécurité de son dernier rapport.

« Depuis l'avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) sur la déclaration d'indépendance unilatérale du Kosovo rendu en juillet, les autorités du Kosovo ont compliqué la coopération avec la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) », a souligné vendredi le Représentant spécial de l'ONU, Lamberto Zannier, à l'occasion de la présentation au Conseil de sécurité de son dernier rapport.

Après avoir informé les membres du Conseil d'un « développement majeur » intervenu depuis la remise de ce rapport en octobre –la démission du gouvernement et l'annonce de nouvelles élections législatives le 12 décembre- Lamberto Zannier a détaillé les deux domaines dans lesquels, selon lui, des obstacles ont été dressés par les autorités kosovares.

Dans le domaine de la coopération régionale d'abord, il a indiqué que « si les institutions du Kosovo continuent de participer à la plupart des mécanismes de coopération régionale, elles ont malheureusement interrompu leur participation au Conseil régional de coopération (CRR) ».

Pour le Représentant spécial, en décidant de stopper leur participation, les autorités de Pristina « perdent des occasions importantes de bénéficier de la coopération régionale, dans des domaines aussi variés que l'éducation ou le développement des medias en ligne ».

« Nous les avons clairement encouragé à ne pas choisir le chemin de l'isolement », a-t-il insisté, rappelant que « la stabilité et la prospérité à long terme du Kosovo est inextricablement liée à celles de ses voisins » et que « la participation aux mécanismes de coopération régionale est la clé du développement, qui assurera la paix à la région et concrétisera les espoirs d'un meilleur future pour la population ».

Autre domaine dans lequel le Représentant spécial a estimé que les autorités du Kosovo avaient dressé des obstacles: l'administration de la ville de Mitrovica, au Nord du Kosovo, par la MINUK.

Il a regretté que la mission onusienne ait été injustement accusée d'être responsable du manque de progrès et que la presse se soit livrée à une « intense campagne contre la MINUK ».

Expliquant que plusieurs représentants de municipalité albanophones du Kosovo ou des autorités de Pristina refusaient désormais de s'engager dans les efforts de dialogue déployés par la MINUK, Lamberto Zannier s'est inquiété « d'une détérioration des relations interethniques dans le nord ».

« Si globalement, la situation reste stable, des incidents continus dans le nord mettent en lumière le fort potentiel de déstabilisation et montrent qu'il y a un besoin urgent de se pencher sur ce problème qui continue de créer des frictions entre communautés », a-t-il expliqué, avant d'insister sur le « défi central de l'ONU » : « continuer de faire la médiation entre les communautés, pour servir de pont entre les autorités du nord du Kosovo et celles de Pristina ».

Pour conclure, il a estimé que sur les questions des déplacés et des personnes disparues, « les progrès n'étaient pas à la hauteur des attentes suscitées ».

Sur les retours, il s'est certes félicité de la fermeture récente du camp de Cesmin Lug et du relogement de leurs habitants, grâce à la municipalité de Mitrovica, dans de nouveaux bâtiments construits par l'Union européenne. Mais il s'est aussi dit préoccupé par « les retours forcés au Kosovo de Rom et de populations vulnérables », après la signature d'accords entre le Kosovo et les pays d'Europe occidental.

« Ces retours, s'ils ne sont pas gérés, risquent d'accentuer la pression sur les capacités d'absorption déjà limitées du Kosovo, accroissant le risque de marginalisation », a-t-il indiqué, estimant que ce problème avait « le potentiel de faire dérailler le progrès enregistrés ».

 

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