L'ONU salue le pas important de l'Amérique latine en faveur des réfugiés et déplacés

L'ONU salue le pas important de l'Amérique latine en faveur des réfugiés et déplacés

Antonio Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés.
« Je suis extrêmement satisfait de l'adoption de la Déclaration de Brasilia sur la protection des réfugiés et des apatrides dans les Amériques. C'est un pas important, qui servira non seulement les réfugiés et les déplacés de cette région, mais aussi les efforts déployés dans le monde pour améliorer leur situation et celle des apatrides », a déclaré vendredi le Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, António Guterres.

Jeudi, lors d'une réunion internationale organisée à Brasilia, 18 pays d'Amérique Latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, République dominicaine, Equateur, Salvador, Guatemala, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, Uruguay et Venezuela) ont adopté la « Déclaration de Brasilia », un texte fondamental pour la protection des réfugiés et des apatrides en Amérique Latine.

« Dans un monde où le racisme et la xénophobie sont en augmentation, la Déclaration de Brasilia fait la promotion des valeurs de solidarité, de respect, de tolérance et du multiculturalisme ; elle souligne aussi les contributions positives des réfugiés, des déplacés internes ou des apatrides au pays dans lesquels ils s'installent », a ajouté António Guterres, qui participait au sommet.

« Pour nous, c'est une manifestation très importante de la volonté politique qui existe. En adoptant une approche commune des questions de réfugiés, de déplacés et d'apatrides, l'Amérique latine fait figure de modèle dans les efforts visant à améliorer la protection globale de ces populations », a indiqué de son côté le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse organisée vendredi, à Genève.

Revenant sur les détails de la Déclaration de Brasilia, il a estimé que « trois éléments méritent une attention particulière ».

« Le premier concerne le respect sans restriction du principe de non-refoulement auquel les pays se sont engagés, notamment le non-renvoi aux frontières et la non-pénalisation de l'entrée illégale », a-t-il expliqué.

« Le deuxième est le fait que la Déclaration insiste sur la prise en compte permanente des situation de conflit dans les pays d'origine, ainsi que du genre et de l'âge des réfugiés, déplacés ou apatrides », a-t-il poursuivi.

Enfin, « la Déclaration encourage les Etats à adopter des mécanismes pour faire face aux nouvelles situations de déplacement qui ne sont pas prévues par la Convention de Genève relative au statut des réfugiés ».

Le 6 octobre, à l'occasion du sommet annuel du Comité exécutif du HCR, l'organisation onusienne avait appelé la communauté internationale à accélérer les efforts visant à aider les quelques 12 millions d'apatrides dans le monde, notamment via des adhésions plus larges aux deux principaux instruments juridiques internationaux : la Convention de 1954 relative au statut des apatrides et la Convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie, respectivement ratifiées par 65 et 37 pays seulement.

« C'est aussi une réponse à cet appel, car à Brasilia, les représentants des gouvernements se sont aussi engagés à adhérer aux deux conventions relatives à l'apatridie », a-t-il conclu.