RDC : nombreux cas avérés de violence sexuelle parmi les expulsés d'Angola

10 novembre 2010

Environ 7.000 personnes sont arrivées en République démocratique du Congo (RDC) après avoir été expulsées de l'Angola voisin. Nombre de ces personnes ont souffert de violations de leurs droits fondamentaux, notamment des violences sexuelles, pendant les expulsions, a indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA).

« Ces allégations d'abus nécessitent une enquête d'urgence », a déclaré la Secrétaire générale adjointe de l'ONU aux affaires humanitaires, Valerie Amos. « Et tous les efforts doivent être déployés pour éviter d'autres abus », a-t-elle ajouté.

Entre les mois de septembre et d'octobre, les organisations humanitaires de protection des personnes ont dénombré l'arrivée d'au moins 6.621 personnes dans la province du Kasai occidental et 322 personnes dans la zone de Tembo. Ces personnes étaient des migrants clandestins en Angola, la plupart des Congolais.

« Nous sommes sérieusement préoccupés par les informations de violations et d'abus des droits humains, y compris des violences sexuelles », a déclaré le Représentant régional du bureau du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), Mohamed Boukry. « J'appelle toutes les parties à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la protection des populations affectées dans le plein respect des droits humains internationaux et humanitaires et les règles qui régulent les réfugiés », a-t-il ajouté.

Selon les organisations non gouvernementales, sur les 322 personnes arrivées dans la zone de Tembo, 99 femmes et 15 hommes ont été victimes de violences sexuelles. « Les abus sexuels ont été confirmés par les médecins », a souligné le Directeur pays de l'organisation non gouvernementale Comitato internazionale per la Sviluppo dei Popoli, Francesco Mazzarelli. « Les victimes sont arrivées démunies, sans affaires ni habits et beaucoup ont indiqué qu'ils avaient été maltraités. Une femme est décédée à l'hôpital de ces blessures », a-t-il ajouté.

Concernant les populations arrivées dans la zone du Kasai occidental, environ 600 personnes ont confié avoir été victime de violences sexuelles.

Les expulsions de masse de migrants clandestins d'Angola vers la RDC sont fréquentes, estime OCHA. En octobre 2009, environ 10.000 personnes ont été expulsées se retrouvant dans la zone frontalière des deux pays sans eau, nourriture, ni abris. Depuis le 29 octobre, la Représentante spéciale de l'ONU pour la violence sexuelle dans les conflits, Margot Wallström, a appelé les autorités des deux pays à ouvrir une procédure d'enquête.

 

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