Pirates somaliens : l'ONU prône dissuasion, sécurité et développement

9 novembre 2010
Un bateau de pirates capturé par les garde-côtes des Seychelles.

Pour lutter contre la piraterie, le gouvernement de Somalie et la communauté internationale doivent mettre en œuvre une politique conjointe de « dissuasion », de renforcement « de la sécurité et de l'Etat de droit » et de stimulation de l'économie, a plaidé mardi le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe devant le Conseil de sécurité.

« La lutte contre la piraterie demande simultanément une action sur trois fronts : la dissuasion, la sécurité et l'Etat de droit et le développement », a déclaré B. Lynn Pascoe. « Premièrement, davantage doit être fait pour dissuader les bateaux d'êtres attaqués ». Outre le respect par les navires des règles de sécurité édictées par l'Organisation maritime internationale (OMI), le Secrétaire général adjoint a souligné la nécessité de traduire en justice les responsables d'actes de piraterie. Autre recommandation, l'allocation de davantage de financements au Fonds de soutien des Etats qui luttent contre la piraterie au large des côtes somaliennes.

« Le second pilier d'une réponse intégrée contre la piraterie est d'établir la sécurité et l'Etat de droit en Somalie », a expliqué B. Lynn Pascoe. Sur le volet de la sécurité, il a proposé de renforcer les capacités des forces de police somaliennes et des gardes côtes.

« La piraterie et les vols armés au large des côtes de Somalie est aussi un problème économique. La population somalienne, spécialement la jeunesse, a besoin de plus grandes incitations pour ne pas succomber à l'attrait de l'économie de la piraterie », a souligné le chef des affaires politiques de l'ONU. « La réhabilitation économique et la création de moyens de subsistance alternatifs, spécialement dans le développement et la réhabilitation de la pêche côtière, doivent être au centre de nos efforts pour combattre la piraterie », a-t-il ajouté.

Selon l'OMI, pendant les neuf premiers mois de 2010, il y a eu 164 attaques contre des navires au large de la côte somalienne et 37 navires ont été capturés. La plupart des attaques qui ont débouché sur la capture de navires, au nombre de 25, ont eu lieu dans l'ouest de l'océan Indien. Au 11 octobre 2010, 18 navires et 389 gens de mer étaient détenus en otage. Pendant la période correspondante de 2009, il avait été signalé 193 attaques et 33 navires avaient été capturés.

« La piraterie et le vol au large des côtes de la Somalie nécessitent le règlement du problème de l'impunité et de la consolidation des capacités du Gouvernement fédéral de transition (somalien) afin d'étendre son autorité, la loi et l'ordre », a conclu B. Lynn Pascoe.

Le Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Iouri Fedotov, a également plaidé pour la poursuite judiciaire des responsables d'actes de pirateries. « Ces deux dernières années, l'ONUDC a développé un programme de lutte contre la piraterie pour assister les pays de la région à poursuivre un certain nombre de pirates. Avec le soutien de la communauté internationale, plus de 700 suspects et déclarés coupables sont maintenant en détention dans 12 pays, plus de la moitié d'entre eux sont en Somalie », a précisé le chef de l'ONUDC.

La principale entrave pour les Etats de la région d'accepter le transfert de présumés pirates pour leur jugement est le poids que représente l'emprisonnement des pirates déclarés coupables, qui sont en général condamnés à des peines qui vont de 5 à 20 ans, les prisons étant surpeuplées », a dit Iouri Fedotov en soulignant que les activités de l'ONUDC devraient être renforcées.

 

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