Kosovo : Ban Ki-moon appuie le dialogue entre Pristina et Belgrade promu par l'Europe

4 novembre 2010

« Je me félicite de la volonté de l'Union européenne de promouvoir la concertation entre Pristina et Belgrade. Ce dialogue devrait ouvrir une nouvelle phase, contribuer à la confiance entre les parties et conduire au règlement de problèmes importants pour la consolidation de la paix, la stabilité et la réconciliation au Kosovo et dans la région », déclare le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans son dernier rapport sur les activités de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK).

« Je me félicite de la volonté de l'Union européenne de promouvoir la concertation entre Pristina et Belgrade. Ce dialogue devrait ouvrir une nouvelle phase, contribuer à la confiance entre les parties et conduire au règlement de problèmes importants pour la consolidation de la paix, la stabilité et la réconciliation au Kosovo et dans la région », déclare le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans son dernier rapport sur les activités de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK).

Revenant d'abord sur l'avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice (CIJ) le 22 juillet, dans lequel elle estime que la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo intervenue en 2008 « ne viole pas le droit international », Ban Ki-moon souligne que la situation au nord du Kosovo restait instable et que « les tensions s'étaient accrues après la publication de l'avis de la CIJ ». Il appelle donc « toutes les parties à faire preuve de retenue et à adopter une attitude mesurée et constructive pour éviter un nouveau regain de tension ».

Ban Ki-moon rappelle que l'Assemblée générale de l'ONU a adopté le 9 septembre une résolution prenant acte de l'avis de la CIJ et se félicitant que l'Union européenne ait proposé de faciliter le dialogue entre Belgrade et Pristina.

Dans son rapport, il « réaffirme la volonté de l'ONU de contribuer à ces efforts, en étroite coordination avec l'Union européenne ». « L'ONU se tient prête à appuyer le dialogue si cela est nécessaire et utile », ajoute-t-il, se disant « persuadé qu'il est dans l'intérêt des parties d'engager rapidement ce processus et de mettre à profit la dynamique favorable qui s'est créée au cours des derniers mois ».

Evoquant ensuite le travail de la MINUK, le Secrétaire général se dit « préoccupé par les récentes déclarations des autorités du Kosovo, et les commentaires des médias qui s'en sont suivis, contre la présence de la MINUK dans la région du nord ». Estimant que cela « aurait pu mettre le personnel de l'ONU en danger », Ban Ki-moon souligne que « la Mission serait prête à confier ses fonctions au nord du Kosovo à une structure légitime et acceptable par toutes les communautés, conformément à la position de neutralité de l'ONU ». « En attendant, j'engage fermement toutes les parties à continuer de coopérer avec la MINUK à l'accomplissement de son mandat », réclame-t-il toutefois.

Relevant par ailleurs que « le nombre des personnes rentrant dans leurs foyers reste toujours aussi faible » et que plusieurs incidents ont eu lieux ces derniers mois, notamment liés aux différences de croyances religieuses, le Secrétaire général regrette « l'absence d'avancée notable dans la réconciliation des communautés », qui « continue de poser problème ».

Le chef de l'ONU cite plusieurs évènements « visant des sites religieux, tant orthodoxes que musulman », ainsi que les violences survenues le 3 octobre lors de l'intronisation du nouveau patriarche de l'Eglise orthodoxe serbe Irénée, au siège du patriarcat de Pec, au Kosovo.

« La cérémonie s'est déroulée sans incident, sous la protection et la surveillance de la force internationale (KFOR), mais des bus transportant des pèlerins serbes ont été caillassés », note le Secrétaire général, avant de juger ces violences « regrettables » et montrant qu'il « reste beaucoup à faire pour arriver à surmonter les anciennes préventions et prévenir une politisation de la religion au Kosovo ».

Dans ce contexte, il considère que « la Commission de reconstruction des sites du patrimoine religieux orthodoxe serbe au Kosovo, soutenue par le Conseil de l'Europe, s'est révélée un dispositif efficace de coopération entre Belgrade et Pristina ».

Ban Ki-moon estime par conséquent qu'il est « particulièrement souhaitable que les parties prennent part à ses travaux pour la maintenir en place et étendre ce cadre de coopération à d'autres domaines techniques ». Il souligne également que « la communauté internationale devrait appuyer la Commission en lui fournissant des moyens techniques et en en renforçant le financement ».

Enfin, Ban Ki-moon fait le point sur le problème des personnes disparues, qui « continue d'hypothéquer lourdement les efforts de réconciliation entre les communautés ».

Citant le Comité internationale de la Croix rouge (CICR), il rappelle que « 1837 personnes demeurent disparues ». S'il salue la tenue « de recherches en août et septembre, dans deux sites possibles de charnier », il conclue son rapport en estimant « regrettable que le dialogue et la coopération pratique entre Belgrade et Pristina ne soient pas pour l'instant aussi étendus à ce domaine ».

 

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