Le nouveau Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture prend ses fonctions

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Juan E. Méndez.
Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Juan E. Méndez.

Le nouveau Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture prend ses fonctions

« Je suis moi-même un survivant de la torture, mon approche se concentrera certainement sur les victimes », a indiqué jeudi le nouveau Rapporteur spécial sur l'usage de la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants dans le monde, Juan E. Méndez, nommé par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour remplacer l'Autrichien Manfred Nowak qui occupait ce poste ces six dernières années.

« En insistant sur l'interdiction absolue de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants dans le droit international, j'espère apporter une contribution efficace à l'application du droit et au développement progressif des règles internationales dans ce domaine », a ajouté ce juriste argentin qui a consacré sa vie et sa carrière à la défense des droits de l'homme.

« Au-delà du droit, nous avons aussi besoin de livrer bataille dans le domaine des idées et du discours politique, pour contrer toute attitude tendant à relativiser la torture, à la présenter comme quelque chose qui arrive à d'« autres personnes », dont on ne veut pas voir les visages, ni prononcer les noms », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse.

Avocat de formation, diplômé de l'Université Stella Maris de Buenos Aires et de l'American University à Washington, Juan E. Méndez a d'abord été défenseur de prisonniers politiques pendant la dictature des généraux en Argentine. Cet engagement lui a valu d'être arrêté, torturé et placé en détention administrative pendant un an et demi.

Libéré en 1977, il a été expulsé d'Argentine et s'est installé aux États-Unis, où il a travaillé pendant 15 ans comme conseiller juridique de l'Organisation non gouvernementale Human Rights Watch.

De 1996 à 1999, il est devenu Directeur exécutif de l'Institut interaméricain des droits de l'homme du Costa Rica, avant de diriger jusqu'en 2004, le Centre des droits civiques et des droits de l'homme de l'Université de Notre-Dame, dans l'Indiana (États-Unis). De 2000 à 2003, il a siégé également à la Commission interaméricaine des droits de l'homme de l'Organisation des États américains.

En 2004, Juan E. Méndez a été nommé par l'ancien Secrétaire général de l'ONU, Kofi Anan, Conseiller spécial pour la prévention du génocide, un poste qu'il occupera jusqu'en 2007, avant de présider le Centre international pour la justice transitionnelle.

Aujourd'hui professeur de droit à la faculté de droit de l'American University à Washington, il est aussi conseiller pour la prévention des crimes auprès du Procureur de la Cour pénale internationale. Il reste également membre des barreaux de Mar del Plata et de Buenos Aires, en Argentine, et du district de Columbia, aux Etats-Unis.

Juan E. Mendez a reçu de nombreux prix pour son engagement au service des droits de l'homme, notamment le prix « Oscar Romero » de l'Université de Dayton, en 2000 et le prix « Jeanne & Joseph Sullivan » de « l'Alliance Heartland pour les droits de l'homme » en 2003.