Somalie : sans réaction de la communauté internationale, la piraterie risque de s'aggraver

3 novembre 2010
La communauté internationale lutte contre les pirates au large de la Somalie.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exprimé sa crainte de voir le phénomène de piraterie aux larges de la Somalie perdurer et s'aggraver si la Somalie et la communauté internationale ne s'attaquent pas d'urgence aux racines du phénomène.

« Même si le phénomène de la piraterie au large des côtes somaliennes est devenu un problème grave relativement récemment, je crains non seulement qu'il ne perdure mais aussi qu'il ne s'aggrave encore si la Somalie et la communauté internationale ne s'attaquent pas à ses causes profondes », a expliqué Ban Ki-moon dans son dernier rapport sur la situation de la piraterie en Somalie publié mercredi.

Selon l'Organisation maritime internationale (OMI), pendant les neuf premiers mois de 2010, il y a eu 164 attaques contre des navires au large de la côte somalienne et 37 navires ont été capturés. La plupart des attaques qui ont débouché sur la capture de navires, au nombre de 25, ont eu lieu dans l'ouest de l'océan Indien. Au 11 octobre 2010, 18 navires et 389 gens de mer étaient détenus en otage. Pendant la période correspondante de 2009, il avait été signalé 193 attaques et 33 navires avaient été capturés.

« Il est urgent d'associer aux importantes initiatives maritimes et judiciaires de lutte contre la piraterie des mesures visant à trouver une solution pour la Somalie dans son ensemble, dans le prolongement de l'Accord de paix de Djibouti. Pour mettre un terme à la piraterie, il est essentiel de faire respecter les lois. Il importe également que les États Membres fournissent des fonds et des moyens directement au Gouvernement fédéral de transition, puisque ces fonds et moyens contribueront à soutenir les efforts de lutte contre la piraterie menés par le Gouvernement », a-t-il plaidé.

« Le niveau de la violence employée par les pirates s'est accru. En revanche, l'efficacité des opérations maritimes s'est améliorée. En outre, les navires qui se conforment pleinement aux indications de l'OMI et aux meilleures pratiques de gestion élaborées dans le secteur des transports maritimes sont beaucoup moins exposés aux attaques des pirates que les autres », a estimé Ban Ki-moon.

Les administrations régionales, notamment celles du Somaliland et du Puntland, doivent « se garder de toute complaisance face aux activités des groupes de pirates » et renforcer le Mécanisme de Kampala, un outil institutionnel de coordination de la politique et des actions de lutte contre la piraterie en Somalie, plaide-t-il. Outre les activités de lutte contre la piraterie qui sont menées en haute mer, pour assurer la sécurité maritime de la Somalie, le Chef de l'ONU prône la mise en œuvre d'activités sur le littoral, notamment sur la zone située entre la côte et les eaux internationales.

« Je voudrais souligner que le sort des centaines de gens de mer enlevés, victimes directes de la piraterie au large des côtes somaliennes, me préoccupe tout particulièrement. Leur captivité, qui se prolonge parfois pendant de longues périodes, est inacceptable. Souvent, on ne sait pas où sont détenues les victimes et aucune entité indépendante ne peut vérifier leur état de santé ni leurs conditions de détention », a écrit le Secrétaire général.

« J'exhorte le Gouvernement fédéral de transition et les administrations régionales à faire le maximum pour mettre un terme à cette pratique du rançonnement d'otages. Et j'appelle les gouvernements, les entreprises privées et les organisations non gouvernementales à réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour obtenir la libération de ces otages », a-t-il conclu.

 

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