Biodiversité : succès de la protection des chauves souris européennes

26 octobre 2010

De nouvelles recherches soutenues par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) révèlent que la politique de préservation des chauves-souris européennes est un succès majeur. Les dernières études montrent en effet qu'une majorité d'espèces sont en voie de stabilisation ou d'expansion. L'objectif de réduction du taux de disparition de ces mammifères est donc en voie d'être atteint.

En 2002, à Johannesburg, les gouvernements du monde entier s'étaient fixé des objectifs de réduction du taux de disparition des espèces. Si ces objectifs n'ont majoritairement pas été atteints, la réduction de la disparition des espèces reste une priorité pour les Etats qui sont réunis en ce moment à Nagoya, au Japon, dans le cadre de la Convention sur la préservation de la biodiversité, pour tenter de définir de nouveaux objectifs pour la prochaine décennie.

C'est dans ce contexte que le PNUE a annoncé le succès de la préservation des chauves-souris européennes, estimant que c'était « un signe encourageant ». Selon l'agence de l'ONU, parmi les 26 espèces de chauves-souris vivantes en Europe occidentale et centrale, la population d'au moins 14 espèces s'est stabilisée ou a augmenté.

« Ce succès est en grande partie dû à la législation et aux accords qui font la promotion des mesures de préservation spécifiques, notamment l'accord sur la préservation des populations de chauves-souris européennes (EUROBATS), la Convention de Berne sur la préservation de la vie sauvage et du milieu naturel », a souligné le PNUE dans un communiqué.

« Il est gratifiant de voir que nos actions internationales concertées sur la préservation des espèces produisent clairement des résultats, mais il reste encore beaucoup à faire, notamment dans d'autres régions », a déclaré de son côté le Secrétaire exécutif d'EUROBATS, Andreas Streit, avant d'ajouter que « les tendances démographiques restaient alarmantes », en raison des « menaces qui pèsent sur les chauves-souris et qui ont en commun d'être d'origine humaine » -pertes des habitats, en raison de la déforestation ou de l'urbanisation ; chasse et destruction, en raison de préjugés sur leur nocivité.

« Malgré ces bonnes nouvelles pour les chauves-souris, certaines populations restent en danger, dépendantes des politiques de préservation, ce qui provoque toujours des incertitudes sur la viabilité de ces espèces à long terme », a souligné pour sa part l'un des auteurs de l'étude PNUE-EUROBATS, Christine Harbusch.

Le PNUE a rappelé que « les chauves-souris contribuent à notre bien-être économique en exécutant les fonctions essentielles de l'environnement, elles contrôlent les populations d'insectes dans les régions agricoles, autant qu'elles participent à l'entretien des forêts et à la dispersion du pollen et des graines dans de larges périmètres ».

Sur les plantations de café organique au Mexique, par exemple, où l'usage des pesticides est interdit, près de 200 espèces de chauves-souris se nourrissent d'insectes présents sur les plants de café. Leur rôle est donc essentiel, tant d'un point de vue environnemental que d'un point de vue économique pour les producteurs.

En outre, les chauves-souris sont les principaux contributeurs à la pollinisation naturelle pour les abeilles, « un éco-service qui facilite considérablement les efforts de l'agriculture », selon le PNUE, « en particulier dans les pays en développement où il est chiffré à 224 milliards de dollars par an ».

 

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