Expert : le blocus de Gaza et l'occupation de Cisjordanie ont un coût humanitaire très élevé

Expert : le blocus de Gaza et l'occupation de Cisjordanie ont un coût humanitaire très élevé

Des enfants dans les ruines de Gaza.
« Les habitants de Gaza continuent de souffrir des conséquences humanitaires du blocus israélien, en dépit du récent assouplissement partiel des restrictions d'entrée dans le territoire », a indiqué vendredi le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés, Richard Falk, à l'occasion d'une conférence de presse au siège de l'ONU, à New York.

« La situation à Gaza demeure très grave du point de vue humanitaire, le blocus a été assoupli à certains égards, mais maintenu à d'autres, et il continue de mettre la population dans un fort état de tension psychologique et physique », a-t-il ajouté.

« Il faut comprendre que cette population est prise au piège depuis maintenant trois ans, même avant, c'était un endroit très difficile à vivre, en grande partie pauvre, surpeuplé et connaissant un chaos interne », a-t-il encore poursuivi.

Selon le Rapporteur, « le refus persistant d'Israël de permettre l'exportation des marchandises en provenance de Gaza a détruit son économie interne, et les jeunes continuent de se voir refuser le droit de visiter leurs familles en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, ou de fréquenter les universités dans d'autres parties des territoires ».

« Au-delà de cela, cela a rendu la perspective d'une paix fondée sur deux Etats, après un retrait israélien, politiquement impossible à ce stade », a souligné Richard Falk. « Vous avez le décalage entre un processus de paix intergouvernemental qui semble être fondé sur une illusion, celle qu'à la fin de ce processus un Etat palestinien souverain et indépendant verra le jour ».

Dans son dernier rapport présenté en début de semaine à l'Assemblée générale de l'ONU, le Rapporteur spécial a rappelé la situation des résidents de Cisjordanie. « Tant d'attention a été consacrée à la bande de Gaza au cours de ces dernières années, qu'il est admis que les conditions matérielles en Cisjordanie sont acceptables », a-t-il encore expliqué, avant de citer une étude récente sur les conditions de vies de 40.000 Palestiniens de Cisjordanie, vivant dans les zones sous contrôle militaire israélien total, qui montre que ces conditions sont pires que celles dans la bande de Gaza.

Lors de la présentation de son rapport, Richard Falk avait déjà souligné que « les effets cumulatifs des colonies de peuplement, le mur de sécurité, et le vaste réseau routier réservé aux colons avait transformé les conditions de « l'occupation » en « annexion » de facto ».