Le droit au logement de millions de migrants n'est pas respecté

22 octobre 2010

« Les conditions de logement inadéquates et souvent épouvantables de millions de migrants dans le monde sont principalement le résultat de pratiques discriminatoires mais cette situation peut être corrigée par l'adoption d'une approche réellement fondée sur les droits », a souligné vendredi la Rapporteuse spéciale de l'ONU sur le droit à un logement convenable, Raquel Rolnik, lors de la présentation de son rapport annuel à l'Assemblée générale de l'ONU.

« Aujourd'hui, la plupart des deux cents millions de migrants internationaux ne jouissent pas de leur droit à un logement convenable ; au contraire, ils ont souvent des conditions de logement terrible, à l'instar de milliers de travailleurs domestiques forcés de dormir dans les toilettes, la cuisine ou des placards, et souvent victimes de violence, de harcèlement sexuel ou d'isolement forcé », a-t-elle poursuivi.

La Rapporteuse spéciale a également indiqué que, « même si historiquement la plus grande proportion de migrants a quitté les pays à faible revenu pour des pays à revenus élevés, aujourd'hui près de la moitié des migrants se déplacent entre les pays du sud ».

Dans son rapport, Raquel Rolnik précise comment le droit international protège le droit des migrants à un logement convenable et interdit les traitements discriminatoires, injustes et dégradants. Dans ce contexte, la Rapporteur spécial souligne que « les États ne peuvent pas justifier l'absence de protection des groupes vulnérables contre la discrimination liée au logement, dans la mesure où l'obligation d'interdire la discrimination s'impose aux Etats, même en cas de grave pénurie de ressources ».

« Mais les migrants sont essentiellement vus par les gouvernements comme un enjeu de sécurité, géré par les forces de sécurité et non par la mise en œuvre des principes des droits de l'homme », a encore averti la Rapporteuse spéciale. « Au lieu de bénéficier de politiques de logement visant à faciliter leur intégration, les migrants sont souvent victimes de discrimination sur le marché du logement et sont souvent logés dans des lieux inadéquats, des logements surpeuplés et mal ou pas équipés ».

Raquel Rolnik a également exprimé sa préoccupation quant aux expulsions forcées de migrants dans le cadre de projets de rénovation urbaine. « Dans de nombreux pays européens, les autorités démantèlent fréquemment des camps illégaux de voyageurs et de Roms, mettant des centaines ou des milliers de personnes sans abri », a-t-elle encore noté. Elle a appelé les Etats à « élaborer des politiques de logement adaptées pour répondre aux problèmes de ces populations ». « C'est crucial pour relever les défis posés par les villes multiculturelles où les différences ethniques, religieuses et culturelles peuvent être transformées en une source d'innovation et de créativité au lieu de conflit et de tension », a-t-elle conclu.

 

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