Des experts dénoncent le décès d'un migrant lors de son expulsion du Royaume-Uni

21 octobre 2010

Le Rapporteur spécial de l'ONU sur les droits humains des migrants, Jorge Bustamante, et le Groupe de travail sur l'utilisation des mercenaires ont exprimé jeudi leur profonde inquiétude sur le décès d'un migrant irrégulier expulsé du Royaume-Uni par un vol de la compagnie aérienne British Airways, alors qu'il était escorté par trois gardes de l'entreprise de sécurité privée G4S.

« Je suis troublé en voyant la manière avec laquelle les migrants sont traités, sans la moindre dignité. Il semble que c'est la criminalisation des migrations irrégulières qui a mené à cette situation », a déclaré l'expert indépendant, Jorge Bustamante. Il a rappelé aux gouvernements, aux entreprises privées et à l'opinion publique de la nécessité de traiter les migrants avec dignité et de respecter leurs droits.

Jimmy Mubenga, Angolais, a été expulsé du Royaume-Uni suite à une décision de justice, qui lui interdisait de rester dans le pays. Il est mort 50 minutes après le décollage du vol British Airways de l'aéroport d'Heathrow le 13 octobre dernier. M. Mubenga était assis dans l'avion, entouré de trois gardes de la compagnie de sécurité privée G4S, qui étaient sous contrat avec l'agence britannique chargée du contrôle des frontières pour escorter les expulsés.

Selon les dernières informations collectées par l'expert indépendant, les passagers ont rapporté avoir vu les trois gardes, lourdement contenir M. Mubenga, qui se plaignait de mal respirer et qui demandait de l'aide aux autres passagers.

« J'espère que la non-intervention du personnel responsable de la sécurité et la sûreté à bord de ce vol de British Airways, malgré les nombreux cris à l'aide, n'est pas révélateur d'une indifférence grandissante aux droits de l'humains des personnes détenues par une autorité », a souligné le Rapporteur spécial. Il a salué l'initiative du gouvernement britannique de lancer une enquête pour faire la lumière sur les circonstances de l'incident.

« Ce n'est pas la première fois qu'un migrant meurt durant le processus d'expulsion, mais nous espérons que ce sera le dernier », a dit l'expert indépendant. « Les employés de l'entreprise de sécurité G4S ne sont pas des représentants de la loi, ils sont sous contrat avec le gouvernement du Royaume-Uni pour exercer une fonction gouvernementale qui leur est impartie, de telle sorte que le gouvernement devrait garantir qu'ils sont soumis aux mêmes règles que les forces de l'ordre qui normalement assurent ces fonctions », a pour sa part estimé le Président du Groupe de travail sur l'utilisation des mercenaires, Alexander Nikitin.

 

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