Ban Ki-moon appelle à soutenir le gouvernement de transition somalien

21 octobre 2010

« En dépit des récentes divisions internes, le Gouvernement fédéral de transition reste attaché à la paix et la réconciliation », a déclaré jeudi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité sur la situation en Somalie.

Devant les membres du Conseil, il s'est félicité des progrès récents dans ce pays, en particulier grâce aux efforts du Gouvernement fédéral de transition (GFT) qui poursuit « le développement de ses institutions de sécurité et mène une offensive contre les insurgés qui a permis de reprendre certaines des principales villes qu'ils occupaient ».

« Des rapports indiquent que des résidents de la ville de Belet Hawo ont retiré le drapeau des insurgés Al Shabab qui flottait et hissé le drapeau national somalien à la place ; ce sont des signes de l'aspiration du peuple somalien pour la paix et la sécurité », a-t-il ajouté, avant de se féliciter aussi de la nomination par le Président d'un nouveau Premier ministre. « J'invite le Parlement à entériner cette nomination sans délai », a-t-il demandé.

Pour Ban Ki-moon, « ces actions - certaines concrètes, d'autres plus symboliques, comme la reprise des programmes de Radio Mogadiscio et la réhabilitation de certains bâtiments publics clés - démontrent la détermination du gouvernement ». Il a cependant souligné que des obstacles majeurs demeuraient, à commencer par le fait que « deux millions de personnes ont besoin d'aide d'urgence, dont 1,4 million de déplacés internes ».

Rappelant ensuite que « l'insécurité persistante attire des éléments extrémistes étrangers », il a mis en garde contre la menace que l'instabilité en Somalie fait peser « non seulement sur le pays, mais aussi sur la région, sur le continent et au-delà ». « Nous avons tous vu ce qui peut arriver lorsque des terroristes profitent de la fragilité d'un pays pour y établir leur sanctuaire », a-t-il ajouté.

Dans ce contexte, Ban Ki-moon a demandé à la communauté internationale « d'agir maintenant pour faire la différence », avant de détailler les quatre domaines dans lesquels l'ONU continuerait d'œuvrer pour que le processus de paix de Djibouti soit un succès.

Premièrement, soutenir les efforts de réconciliation du GFT avec les groupes extérieurs au processus de paix. « Mon Représentant spécial, Augustine Mahiga, a fait des visites régulières à Mogadiscio et dans les États de la région ; sous sa direction, le Bureau de l'ONU pour la Somalie (UNPOS) encourage le dialogue avec les entités qui ont renoncé à la violence et sont encore hors du processus de paix de Djibouti », a expliqué le Secrétaire général.

Deuxièmement, soutenir le GFT dans l'accomplissement des tâches prioritaires définis dans la Charte fédérale de transition. « Comme l'a recommandé le Groupe de contact sur la Somalie lors de sa réunion à Madrid le 27 septembre, le GFT prépare une feuille de route, avec une stratégie globale hiérarchisant ses priorités et ses objectifs politiques, selon un calendrier destiné à accomplir la transition. Le Bureau de l'ONU pour la Somalie facilitera ce processus », a-t-il indiqué.

Troisièmement, faire progresser la mise en œuvre d'accords entre le GFT et les autres autorités de la région. « Pour être efficace et assurer le succès de ce processus, nous renforçons notre présence au Puntland et au Somaliland », a souligné Ban Ki-moon.

Quatrièmement, développer des institutions publiques qui fonctionnent. « Au-delà de l'organisation de plus de réunions du Comité de haut niveau et du Comité mixte de sécurité, l'UNPOS va se concentrer sur le renforcement des capacités des différents ministères », a-t-il précisé.

Ban Ki-moon a ensuite expliqué que dans ces quatre domaines, « l'ONU poursuivra sa stratégie d'empreinte légère » consistant à initier les changements.

« Nous allons également faire en sorte que les efforts de l'ONU soit bien coordonnés », a-t-il encore ajouté, avant de rappeler qu'il avait fait part dans son dernier rapport de son « intention, dans les prochains mois, de proposer une présence intégrée de l'ONU en Somalie ».

Pour conclure, il a salué les efforts de l'Union africaine (UA) et de sa mission en Somalie, l'AMISOM, soulignant qu'elle manquait toutefois de moyens matériels et financiers.

« Pour permettre à l'AMISOM d'être un partenaire de plus en plus efficace, plus d'aide internationale est nécessaire », a estimé Ban Ki-moon, avant d'appeler « le Conseil à prendre des décisions audacieuses et courageuses pour permettre le renforcement des capacités de l'AMISOM ».

Dans une déclaration à la presse publiée après la réunion, les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leur "préoccupation concernant l'instabilité persistante en Somalie et l'aggravation de la situation humanitaire". Ils ont réitéré leur plein soutien au Gouvernement fédéral de transition et l'ont appelé à rester uni et à redoubler d'efforts en matière de réconciliation.

Le Conseil de sécurité a également réitéré son plein soutien à l'AMISOM et a appelé la communauté internatinale à fournir des ressources supplémentaires à cette mission.

 

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