Hongrie : l'OMS conclut une mission sur l'impact de boues toxiques

21 octobre 2010

Une équipe d'experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a conclu une mission de quatre jours dans la ville de Ajka, en Hongrie, sur l'impact du déversement de boue industrielle toxique de l'usine d'aluminium Magyar Zrt, en formulant des recommandations destinées à limiter l'impact sanitaire de cette catastrophe et sa reproduction dans le futur.

Une équipe d'experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a conclu une mission de quatre jours dans la ville de Ajka, en Hongrie, sur l'impact du déversement de boue industrielle toxique de l'usine d'aluminium Magyar Zrt, en formulant des recommandations destinées à limiter l'impact sanitaire de cette catastrophe et sa reproduction dans le futur.

La rupture accidentelle d'un réservoir et le déversement de millions de mètres cubes de boue industrielle corrosive sur les terres et les villages avoisinants avaient fait 9 morts et plus de 150 blessés, essentiellement par noyade ou par brûlures chimiques.

L'équipe de l'OMS a estimé que « sur les sites touchés, les autorités ont rapidement pris des mesures qui ont permis de neutraliser les effets corrosifs de la boue et de réduire le danger immédiat d'exposition ». Elle a également relevé que « le pH contenu dans la boue ayant ensuite rapidement diminué, les risque de dommages directs sur la santé ont été sensiblement réduits ».

Maintenant que la phase de récupération de la boue est en cours, « une attention particulière doit être accordée à la prévention des risques auxquels la population locale et les quelques 4.000 employés des services de secours et bénévoles participant au nettoyage, peut encore être exposée », estime encore l'OMS.

L'organisation onusienne a également rappelé « l'importance de limiter autant que possible les expositions directes avec la boue, soit par contact physique, soit par inhalation ou ingestion accidentelle ». Le nettoyage, en particulier des logements touchés, entrainant la concentration de polluants, l'organisation recommande aussi « de fournir à la population et à ceux qui sont en première ligne, des conseils clairs et précis pour leur propre protection ».

Fait important, l'OMS a constaté que les nappes phréatiques d'eau potable dans les zones touchées n'avaient pas été affectées, que la consommation d'eau ne posait donc « aucun risque pour la santé des communautés ».

« La surveillance de la qualité de l'air, de l'eau et de la production agricole dans la zone touchée demeure toutefois essentielle », prévient l'équipe d'expert, afin « d'assurer le suivi de l'évaluation des risques d'exposition, en particulier aux métaux lourds ».

Ils ont par ailleurs salué « les efforts considérables déployés pour limiter la propagation de la marée de boue au Danube, qui aurait entrainé des dommages à l'environnement dans les pays situés en aval du fleuve ». « Les relevés scientifiques effectués ont montré que la qualité des eaux du Danube était restée sensiblement inchangée », ont-ils souligné.

Selon l'OMS, cet accident industriel met toutefois en lumière « les risques qui existent le long du Danube où il existe près de 150 réservoirs de déchets industriels à l'heure actuelle ». Elle recommande donc « de procéder à une cartographie globale de ces réservoirs et de procéder à des évaluations de ces installations, de leur résistance aux phénomènes météorologiques extrêmes et des risques de contamination des sols et des eaux souterraines qui existent si les réservoirs sont mal isolés ».

L'OMS souligne enfin qu'il existe « des risques d'accidents sur des sites industriels en activité ou autrefois en activité dans de nombreux régions situées en amont, le long du Danube ». Elle rappelle notamment l'existence d'instruments juridiques internationaux pour soutenir et encadrer des actions d'identification et de dépollution des sites contaminés, à l'instar du Protocole sur l'eau et la santé de la Convention de 1992 sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontaliers et des lacs internationaux qui offre un cadre juridique international pour la prévention, le contrôle et la réduction des maladies liées à l'eau en Europe.

Pour conclure, la mission de l'OMS estime que la prochaine réunion des parties au Protocole, organisée du 22 au 25 novembre prochain à Bucarest, en Roumanie, « offre une occasion unique de discuter des options existantes pour s'attaquer à ce problème » avant qu'il n'ait d'autres conséquences dramatiques dans l'avenir.

 

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