Référendums au Soudan : la phase la plus critique a commencé, selon l'ONU

18 octobre 2010
Haile Menkerios.

« Nous sommes entrés dans la phase la plus critique du processus de paix au Soudan, dans la mise en œuvre intégrale de l'Accord de paix global. Les décisions prises dans les semaines à venir sont susceptibles de déterminer le chemin que prendra le pays pour les années à venir », a déclaré lundi le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Haile Menkerios, à trois mois des référendums d'autodétermination au Sud Soudan et dans la région d'Abyei.

Lors d'une conférence de presse à Khartoum, Menkerios a estimé que ce serait « une période très délicate, nécessitant une détermination tenace et sans faille des Soudanais pour empêcher que le processus ne déraille ».

Haile Menkerios est ensuite revenu sur une série de déclarations faites au sujet d'une zone tampon dans laquelle de nouvelles troupes de l'ONU pourraient être déployées. « L'ONU évalue les besoins et poursuivra ses consultations avec les parties sur la meilleure façon dont elle peut les aider à répondre à ces besoins », a-t-il expliqué.

Il a toutefois indiqué que « si le Conseil de sécurité et le Secrétaire général ont exprimé leur volonté d'envisager une aide supplémentaire pour répondre aux préoccupations de sécurité, aucune décision n'a encore été prise à propos de troupes supplémentaires, de leur déploiement ou des conditions de leur déploiement ».

Interrogé par un journaliste sur des accusations réciproques des deux parties, selon lesquelles chacune renforcerait ses troupes, laissant entrevoir une possible confrontation armée, Haile Menkerios a répondu que la Mission de l'ONU au Soudan (MINUS) avait « entendu, par la presse, des accusations et des contre-accusations sur un accroissement des capacités et des déploiements en violations de l'accord de cessez le feu et dans certaines zones du cessez le feu ».

« Nous n'avons pas observé cela », a-t-il assuré, rappelant que les parties pouvaient signaler de telles violations auprès de la Commission militaire mixte du cessez-le feu dirigée par la MINUS mais composée aussi de représentants des parties. Il s'est au contraire réjoui de l'annonce « d'une prochaine rencontre en Ethiopie entre des représentants des Forces armées soudanaises et de l'Armée populaire de libération du Soudan pour discuter des questions de sécurité qui demeurent et des moyens de les surmonter ».

Début octobre, une délégation du Conseil de sécurité s'est rendue au Soudan pour voir directement sur le terrain l'état des préparatifs des référendums, rappelant que les deux scrutins devaient se dérouler « à la date prévue » et « de manière crédible ».

Le Conseil « est uni dans sa volonté de voir les référendums se dérouler à la date prévue dans le cadre d'un processus électoral crédible et que les résultats soient respectés », avait déclaré la Représentante des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, qui menait la délégation du Conseil.

Vendredi, à l'issue d'une visite d'une semaine au Soudan, le panel chargé de suivre l'organisation des référendums a exprimé son inquiétude concernant le manque de progrès dans plusieurs domaines importants, en particulier l'enregistrement des électeurs, à moins de trois mois des scrutins.

Lors d'une conférence de presse, le chef du panel, Benjamin Mkapa, ancien Président de la Tanzanie, s'est dit inquiet au sujet de la situation très tendue dans la région d'Abyei, « qui est cruciale pour la paix et la stabilité au Soudan ». Une nouvelle série de pourparlers est prévue le mois prochain, et il est « vital que ces pourparlers soient un succès afin que le référendum d'Abyei puisse avoir lieu », a dit M. Mkapa.

 

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