A Mexico, des multinationales s'engagent à réduire leurs émissions de CO2

6 octobre 2010

A un mois du sommet de Cancun sur le réchauffement climatique, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) co-organisait à Mexico la première conférence internationale consacrée à l'action des entreprises privées pour protéger l'environnement. L'occasion pour les multinationales présentes de s'engager sur des objectifs concrets de réduction des gaz à effets de serre.

Intitulée « B4E –Business for Environment », cette conférence rassemblait des dizaines de sociétés intervenant dans des secteurs d'activités aussi variés que les communications, le bâtiment, l'alimentation, les services ou l'énergie, à l'instar de groupe comme Walmart, Coca-Cola Company, Grupo Bimbo, PepsiCo, Hewlett Packard, Maersk, Cemex, Tata & Sons, Acciona, Siemens, Nestlé, McKinsey, Volvo ou British Telecom.

A l'issue de la conférence, les sociétés spécialisées dans la fourniture d'énergie se sont engagées à travailler ensemble pour atteindre l'objectif de production de 100% d'énergie renouvelables en 2050. Les entreprises du secteur des technologies de l'information et de la communication se sont mises d'accord pour éliminer 7,6 gigatonnes d'émissions de CO2 d'ici à 2020, pendant que les sociétés du secteur du bâtiment et de l'immobilier se sont elles engagées à réduire les émissions de 40% dans les nouvelles constructions d'ici à 2020 et d'améliorer l'efficacité énergétique de 40% dans les bâtiments déjà construits.

Dans leur déclaration finale, les participants ont également appelé les dirigeants politiques de la planète à faire avancer les négociations internationales pour que le Sommet de Cancun de novembre produise « des résultats ambitieux ».

« Beaucoup d'hommes d'affaires, dont ceux qui étaient représentés à la conférence B4E, alertent les responsables politiques et saisissent l'occasion qui se présent avec le changement climatique. Pourquoi ? Parce qu'ils constatent l'augmentation du potentiel de profits offert par la lutte contre les gaz à effet de serre, mais aussi l'occasion qui se présentent à eux de devenir des entreprises beaucoup plus innovantes et économes en énergie », a estimé le Directeur du PNUE, Achim Steiner. « Les gouvernements et les responsables qui seront à Cancun ont la responsabilité de soutenir les objectifs et les actions sur lesquelles se sont engagées ces multinationales, en s'engageant à mettre en place le cadre juridique national et international nécessaire pour accélérer les transformations enclenchées », a-t-il poursuivi.

Dans leur déclaration finale, les dirigeants des multinationales affirment « d'un commun accord » que pour empêcher « une crise climatique mondiale –comprenant à la fois des crises économique, politique, sanitaire, environnementale, sécuritaire et autre- la création d'une politique internationale dans ce domaine et de législations nationales solides sont indispensables ».

« Nous reconnaissons tous l'énorme problème que le changement climatique pose à nos communautés. Nous souhaiterions nous lever tout de suite, conduire et faire partie d'une vague d'entreprises privées qui apportent les solutions dont le monde a besoin », a déclaré la Responsable du département développement durable chez Siemens, Barbara Kux.

« Nous sommes conscients de la capacité que nous avons à changer les comportements, à commencer par ceux de nos entreprises, nous pouvons lancer les discussions et transformer les centaines de milliers d'employés de nos entreprises en trouveur de solutions », a souligné de son côté un Responsable du groupe automobile Volvo, Magnus Kushel, chargé en particulier de l'amélioration écologique des véhicules de la marque.

Parmi les mesures que les participants de la Conférence de Mexico attendent des Etats, figurent la création de mécanismes financiers pour compenser les investissements initiaux et les répartir sur le cycle complet de construction et de productions, la suppression progressive des subventions publiques sur les énergies fossiles, le développement de réseaux intelligents et de tarifs incitatifs sur l'énergie.

« Nous avons besoin que les bonnes entreprises mettent la pression sur tous les gouvernements pour qu'ils donnent l'exemple et prennent des engagements nationaux et internationaux », a demandé en conclusion aux multinationales, l'ancien vice Président des Etats-Unis et Prix Nobel de la paix, Al Gore.

 

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