L'ONU réaffirme l'indépendance du Tribunal spécial pour le Liban

6 octobre 2010

« Je veux être parfaitement clair. Ce Tribunal est indépendant, avec un mandat clair du Conseil de sécurité de découvrir la vérité et de faire cesser l'impunité », a souligné mercredi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, au sujet du Tribunal spécial pour le Liban.

« Ce travail est important, et il faut aller de l'avant », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU, à New York, avant d'exhorter « toutes les parties libanaises et régionales à ne pas préjuger du résultat, ni à s'immiscer dans le travail du Tribunal ».

A la demande du gouvernement libanais, le Conseil de sécurité a créé par la résolution 1757 du 30 mai 2007, un Tribunal spécial pour le Liban (TSL), dont le mandat est de poursuivre et juger les auteurs et les commanditaires de l'attentat du 14 février 2005 qui a visé et tué à Beyrouth l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et 22 autres personnes.

Pour garantir l'indépendance, l'objectivité et l'impartialité du TSL et du procès, le Statut prévoit plusieurs dispositions, notamment la nomination d'une majorité de juges internationaux et d'un procureur et un greffier internationaux également.

Après trois ans d'enquête, le TSL doit publier son acte d'accusation d'ici à décembre, une étape qui ravive les tensions entre majorité et opposition au Liban et leurs alliés hors du pays et ranime les critiques à l'encontre du tribunal de l'ONU.

Selon la presse, le TSL pourrait en effet mettre en cause le parti chiite libanais Hezbollah, qui a d'ores et déjà fait savoir qu'il refuserait de remettre un seul de ses membres à cette instance qu'il considère comme à la solde d'Israël.

Pointé du doigt également pour l'attentat de 2005, la Syrie a toujours démenti toute implication.

Dimanche dernier, la justice syrienne a aussi émis des mandats d'arrêt contre 33 personnalités libanaises, arabes et européennes, dont certains proches de l'actuel Premier ministre libanais Saad Hariri, comme l'ancien chef de la commission d'enquête internationale sur l'attentat. Ces mandats ont été émis après une plainte déposée par un ex-général libanais Jamil el-Sayyed contre de « faux témoins » qui ont déposé devant le TSL.

 

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