RDC : arrestation d'un responsable présumé des viols de masse

5 octobre 2010
La Représentante spéciale sur la violence sexuelle dans les conflits, Margot Wallström, lors d'une visite à Wakilale en RDC.

Dans le cadre d'une action conjointe menée par les autorités congolaises et la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), le 'Lieutenant-colonel' Mayele appartenant au groupe armé Maï Maï Cheka a été appréhendé mardi dans la région de Walikale au Nord-Kivu dans l'est du pays.

« Le 'Lieutenant-colonel' Mayele est suspecté d'être l'un des commanditaires des viols massifs et autres violations des droits de l'homme qui ont été commis, entre le 30 juillet et le 2 août 2010 dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu », a indiqué mardi la MONUSCO par communiqué de presse peu après son arrestation.

« Ces actes auraient été commis par une coalition d'environ 200 éléments de Maï Maï Cheka, des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ainsi que des éléments du Colonel Emmanuel Nsengiyumva, ancien membre de l'armée congolaise, sur au moins 303 civils, parmi lesquelles 235 femmes, 13 hommes, 52 filles et 3 garçons, selon le rapport préliminaire de la mission d'enquête du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme », a expliqué la MONUSCO.

« Je salue cette arrestation du 'Lieutenant-colonel' Mayele effectuée aujourd'hui par la MONUSCO », a déclaré la Représentante spéciale de l'ONU pour les violences sexuelles dans les conflits, Margot Wallström, en visite en RDC depuis le 28 septembre dans le pays afin de coordonner la réponse du système des Nations Unies après les viols de masse perpétrés fin juillet-début août dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu, par les rebelles des FDLR et les milices Maï-Maï.

« C'est une très bonne nouvelle pour les populations de RDC. C'est une victoire pour la justice spécifiquement pour les nombreuses femmes qui ont souffert de viols et d'autres formes de violences sexuelles », a-t-elle ajouté.

Margot Wallström insiste sur la nécessité de mettre un terme à l'impunité en RDC. Selon elle, il est « crucial » que « justice soit faite ».

« J'appelle le gouvernement à garantir que le processus de judicaire soit rapide, rigoureux et ouvert », a insisté la Représentante spéciale qui voit dans cette arrestation « un signal adressé aux auteurs de ces violences sexuelles que l'impunité n'est pas acceptable et que la justice va prévaloir ».

La Représentante spéciale devait terminer sa mission le 6 octobre. Suite à ces crimes, un panel de personnalités de haut niveau a été constitué le 29 septembre dernier par la Haute Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme, Navi Pillay, afin d'écouter les victimes de violences sexuelles.

Le panel organisera un forum à Kinshasa le 12 octobre 2010 afin de présenter ses observations préliminaires et discuter du suivi avec les différents partenaires : le gouvernement, les Nations Unies, la communauté internationale et la société civile. Le mercredi 13 octobre, le Panel terminera sa visite par la tenue d'une conférence de presse au quartier-général de la MONUSCO à Kinshasa, a précisé le HCDH.

 

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