Ban Ki-moon demande qu'une protection sociale soit garantie aux personnes âgées

1 octobre 2010
Une femme âgée (Maroc)

A l'occasion de la Journée internationale des personnes âgées célébrée chaque année le 1er octobre, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé aux gouvernements de garantir aux personnes âgées une protection sociale.

« Dans toutes les sociétés, les personnes âgées jouent un rôle inestimable en montrant la voie, en prenant soin d'autres personnes et en faisant du bénévolat, mais elles sont également vulnérables face à la discrimination, aux mauvais traitements, à la négligence et à la violence », dit Ban Ki-moon dans un message.

Il se félicite des réalisations « durement acquises » pour améliorer le bien-être des personnes âgées, surtout dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). « Dans bien des pays, les personnes âgées ont bénéficié d'un recul de la pauvreté et de la faim, d'un meilleur accès aux médicaments et aux soins de santé et de l'expansion des possibilités sur les plans de l'éducation et de l'emploi ».

Le Secrétaire général juge toutefois les progrès inégaux selon les pays. Ainsi, dans les pays les plus touchés par la pandémie de sida, ce sont souvent les grands-parents qui doivent s'occuper des enfants dont les parents ont été emportés par la maladie. En Afrique subsaharienne, 20% des femmes de plus de 60 ans qui vivent en milieu rural subviennent seules aux besoins de leurs petits-enfants.

« Ces personnes qui acceptent une charge supplémentaire, à laquelle elles ne s'attendaient souvent pas, et ne disposent, au mieux, que d'une infime partie des ressources nécessaires, ont absolument besoin d'aide sociale, et en particulier d'une pension, pour pouvoir mener, et offrir à leur famille, une vie allant au-delà de la survie », déclare Ban Ki-moon.

Le nombre de personnes âgées augmente rapidement, de même que la proportion de la population que représente ce groupe, dont les rangs ont doublé ces 30 dernières années. En 2050, il y aura plus de 2 milliards de personnes âgées dans le monde.

Dans ce contexte, le Secrétaire général demande aux gouvernements de faire plus pour répondre aux besoins des personnes âgées.

« Les principales mesures à prendre sont bien connues : assurer l'accès de tous aux services d'aide sociale, augmenter le nombre des caisses de retraite et les montants consacrés aux pensions, et adopter des lois et politiques de prévention de la discrimination fondée sur l'âge dans le monde du travail », dit-il. « À cinq ans de l'échéance fixée pour la réalisation des OMD, il est temps que les gouvernements du monde entier mettent en place le dispositif de protection financière, juridique et sociale qui permettra à des millions de personnes âgées de s'extraire de la pauvreté et de jouir, comme elles en ont le droit, d'une bonne santé et d'une vie digne et productive ».

La Haute commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a également mis en garde contre les discriminations auxquelles sont confrontées les personnes âgées à travers le monde.

« Nous devons tous accepter le caractère inévitable du vieillissement », a dit Mme Pillay dans un communiqué. « Ce que nous ne devons pas accepter est que le vieillissement entraîne un moindre accès, et une moindre jouissance, de l'ensemble des droits de l'homme. »

Elle a estimé qu'en raison de leur invisibilité et de leur manque d'accès aux processus de décision, les personnes âgées voient souvent leurs droits humains négligés. « De nombreuses personnes âgées sont sans emploi et abandonnées, beaucoup d'autres sont confrontées à la violence et à des sévices par des membres de leur famille ou par du personnel soignant, qui dans leurs formes les plus cruelles peuvent être assimilées à de la torture », a ajouté Mme Pillay. Elle a notamment estimé que les femmes âgées étaient parmi les plus vulnérables.

 

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