Pour la Russie, la priorité est le désarmement nucléaire et la non-prolifération

29 septembre 2010
Le représentant de la Fédération de Russie, Vitaly Churkin.

« Il est encourageant de voir que face aux nombreux défis qui se posent à l'humanité, une plateforme unifiée favorable à une action collective se dessine, avec au centre les Nations unies », a déclaré mercredi le Représentant permanent de la Russie auprès de l'ONU, Vitaly Churkin, lors de la 65ème Assemblée générale.

Devant les Etats membres, il a rappelé d'abord que l'année 2010 avait été marquée par « des progrès dans le domaine du désarmement », après la signature en avril dernier d'un accord entre les Etats-Unis et la Russie sur un nouveau traité START prévoyant de limiter à 1.550 le nombre d'ogives nucléaires pour les deux pays.

« Nous espérons que l'élan fort donné par Moscou et Washington au désarmement nucléaire sera suivi par d'autres nations, à commencer par celles qui disposent de l'arme nucléaire », a-t-il ajouté.

Le Représentant russe a ensuite indiqué à l'Assemblée générale que son pays avait déposé trois projets de résolution, destinés à « renforcer le rôle de l'ONU dans le domaine de la sécurité globale, du désarmement et des mesures de confiance prises à cet effet » : sur la transparence et les mesures de confiances dans les activités dans l'espace extra-atmosphérique, sur l'information et les réalisations dans le domaine des télécommunications dans le contexte de la sécurité internationale, sur la réduction des armes stratégiques offensives.

« Nous appelons à leur adoption par consensus », a demandé aux Etats membres Vitaly Churkin.

Rappelant ensuite que « l'universalisation et la stricte application du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) est la pierre angulaire de la consolidation du régime international de non-prolifération », il a encouragé « la recherche d'une solution au problème nucléaire iranien, sur la base du TNP et du droit international ».

« La partie iranienne doit répondre au niveau de transparence et de coopération exigés par l'AIEA, qui agit au nom de la communauté internationale et avec le soutien du Conseil de sécurité », a-t-il insisté, ajoutant que « des clarifications sur les questions en suspens à propos du programme nucléaire iranien permettraient non seulement d'atteindre l'objectif de renforcement du régime de non-prolifération, mais aussi servirait l'Iran ».

« La Russie ne voit pas d'alternative raisonnable à une résolution diplomatique et politique au problème du nucléaire iranien via un dialogue constructif entre Téhéran et le groupe des six (Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne, Chine, France et Allemagne) », a encore insisté Vitaly Churkin.

Il est ensuite revenu sur les sanctions imposées à l'Iran par le Conseil de sécurité, pour réaffirmer qu'elles n'étaient « pas une fin en soi », mais « envoyaient un signal à l'Iran, sur la nécessité de coopérer totalement avec l'AIEA et de donner un véritable élan aux processus de négociation ».

Toujours dans le domaine du désarmement et des craintes que le programme nucléaire iranien suscite dans la région du Moyen orient, le représentant russe à l'ONU a défendu la tenue d'une conférence sur la création d'une Zone exempte d'armes nucléaires et de destruction massive au Moyen Orient en 2012.

« Il est évident que la plupart des problèmes mondiaux ne peuvent pas être résolus sans l'ONU. Pour répondre aux attentes, elle doit donc continuer à se renouveler », a conclu Vitaly Churkin, avant de saluer les avancées récentes dans la réforme de l'ONU, qualifiée de « problème extrêmement important impliquant une majorité écrasante d'Etats membres ». « Pour cette raison, la formule finale du Conseil de sécurité devrait être le fruit d'un compromis et d'un accord le plus large possible dans les Nations Unies », a-t-il conclu.

 

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