Afghanistan : l'ONU rappelle qu'il n'y a pas de solution militaire

29 septembre 2010

« Il n'y a pas de solution militaire en Afghanistan, la solution peut et doit être politique », a rappelé mercredi le Représentant spécial de l'ONU en Afghanistan, Staffan de Mistura, lors d'un débat organisé devant le Conseil de sécurité sur la situation dans ce pays.

Devant les Etats membres, il est d'abord revenu sur la Conférence de Kaboul, organisée le 20 juillet dans la capitale afghane et qu'il a qualifié de « moment clé du processus de transition », au cours duquel « un calendrier national de priorités, avec échéancier, a été élaboré pour « renforcer le rôle des forces de sécurité afghanes, améliorer la gouvernance et lutte contre la corruption ».

« Depuis la Conférence, le gouvernement a pris un certains nombre de décisions d'ordre techniques », a poursuivi le Représentant de l'ONU qui dirige aussi la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA). « Premièrement, il a annoncé son intention de mettre en œuvre ces priorités par domaine. Deuxièmement, il a lancé la mise en œuvre des 21 priorités adoptées via des plans d'action individuels qui se concentrent sur le lancement immédiat de programmes. Troisièmement, il a commencé immédiatement la réforme des finances publiques. Quatrièmement, il a indiqué le démarrage de la lutte contre la corruption, avec la création d'un Comité de suivi et d'évaluation avant la fin du mois ».

Staffan de Mistura est ensuite revenu sur le second événement central de l'année en Afghanistan : les élections législatives du 18 septembre. Estimant qu'elles représentaient « une étape importante du renforcement des institutions démocratiques », il a d'abord salué la bonne tenue de la campagne, qui s'est déroulée du 23 juin au 15 septembre, et à laquelle ont participé plus de 2.500 candidats, dont 400 femmes, pour 249 sièges à pourvoir. Il a ajouté que le fait que tous les parlementaires sortant se soient représentés était « un signe d'intérêt croissant, sinon un signe de confiance, pour le système démocratique afghan ».

Evoquant ensuite le scrutin en lui-même, il s'est félicité que 4,3 millions d'Afghans se soient rendu aux urnes, dont « une proportion considérable de jeunes » et plus d'un tiers de femmes (37%). Il a également salué le rôle de la Commission électorale indépendante, soulignant que son renforcement depuis l'élection présidentielle de 2009 avait permis « des améliorations significatives de la gestion du scrutin ». Staffan de Mistura a aussi souligné les améliorations techniques apportées : publication de la liste des quelques 5.500 bureaux de vote dès la mi-août, meilleure sécurité pour le transport des éléments sensibles (urnes, bulletins de vote, résultats) et présence dans les bureaux de vote de 379.000 observateurs et représentants de partis politiques.

Après avoir dressé ce tableau des jalons posés cette année, des Conférence de Londres et Kaboul, aux élections législatives de septembre, le Représentant de l'ONU a dévoilé aux membres du Conseil de sécurité « certaines des conditions essentielles pour que la feuille de route pour la transition en Afghanistan progresse encore ».

« Premièrement, les suites à la Conférence de Kaboul ne doivent pas être « technocratiques » et tous les partenaires doivent s'engager politiquement derrière le calendrier adopté. Deuxièmement, il faut éviter de nouveaux agendas ou des initiatives concurrentes et se concentrer sur les priorités identifiées par le gouvernement afghan. Troisièmement, la communauté internationale doit garder sa part de responsabilité en alignant les ressources financières nécessaires aux priorités gouvernementales. Quatrièmement, nous devons être plus concentrés sur les résultats, notre objectif n'est pas le vote de législations mais leur impact », a-t-il indiqué.

Pour conclure son exposé devant le Conseil de sécurité, Staffan de Mistura a estimé qu'il existait « un consensus unanime dans la communauté internationale selon lequel il n'y a pas de solution militaire en Afghanistan ; la solution peut et doit être politique, une « solution afghane », qui ne peut être soutenue que par une solution régionale plus large », a-t-il insisté.

 

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