L'Inde défend une accélération de la réforme de l'ONU

29 septembre 2010

« Les Nations Unies, avec la participation égale et universelle des nations, disposent d'une légitimité qui leur imposent d'être au centre de la gouvernance mondiale », a déclaré mercredi devant la 65ème Assemblée générale, le ministre indien des Affaires extérieures, S.M Krishna.

Devant les Etats membres, il a souligné que le monde avait « changé dramatiquement pendant ces 65 dernières années ». « L'intégration globale au niveau économique, social, culturel et politique en a fait un lieu plus petit, mais a aussi créé les conditions dans lesquelles les problèmes et les défis d'un pays ou d'une région peuvent très rapidement devenir ceux de la communauté plus vaste des nations » », a-t-il expliqué.

Soulignant ensuite que les menaces et les défis du 21ème siècle « n'étaient plus ceux du 20ème siècle », le chef de la diplomatie indienne à estimé qu'aujourd'hui « le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, la piraterie maritime, les pandémies et épidémies, le crime organisé et le trafic de drogue » ne connaissaient « aucune frontière ou limite ».

« De la même manière, les conflits internes aux Etats, la déliquescence de certains d'entre eux, les catastrophes naturelles, les pénuries alimentaires, les crises économique et financière transcendent les pays et les régions », a-t-il poursuivi, avant d'indiquer que son pays restait « totalement engagé dans les principes et les objectifs de l'ONU » et considérait que l'ONU devait être « au cœur de la gouvernance mondiale et des efforts déployés pour relever collectivement les défis de la paix, de la sécurité et de la stabilité ».

Dans ce contexte, le ministre indien a appelé les Etats membres à « réaffirmer ce rôle central de l'ONU » mais aussi à renforcer l'organisation elle-même, « pour qu'elle reflète ces réalités contemporaines ».

S.M Krishna a donc défendu « des réformes urgentes » pour l'ONU, à commencer par celle du Conseil de sécurité, « qui passe le plus clair de son temps, si ce n'est tout son temps, sur des problèmes relevant des pays en développement ». « Les pays en développement sont les principaux contributeurs des contingents de casques bleus déployés partout dans le monde. Leur voix à la table du Conseil sur des décisions liées au maintien de la paix et de la sécurité, est pourtant à peine audible », a-t-il regretté, citant par exemple les décisions du Conseil sur l'Afrique, alors qu'aucun pays africain n'est représenté parmi les membres permanents.

Le ministre indien a ensuite rappelé qu'une « écrasante majorité des Etats membres avait déjà exprimé son soutien clair à l'élargissement de la composition du Conseil et à l'amélioration de ses méthodes de travail ». « Il est impératif que nous menions ces négociations sur la réforme vers une conclusion logique et rapide », a-t-il insisté.

Evoquant ensuite l'Assemblée générale de l'ONU, S.M Krishna a estimé qu'« en tant qu'organe central de délibération, de prise de décision politique et de représentation des Etats », elle devait « impérativement retrouver sa position sur les point vitaux, comme par exemple la nomination du Secrétaire général de l'ONU ».

Pour conclure, le ministre indien a salué « l'avancée significative du calendrier de réforme de l'ONU cette année, dans un domaine qui est clairement une priorité – l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes ». « C'est un sujet de satisfaction, pour l'Inde. Je réitère notre soutien fort à l'ONU Femmes », créé en juillet dernier.

 

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