RDC : un panel nommé pour écouter les victimes de violences sexuelles

29 septembre 2010

Un panel de personnalités de haut niveau a été constitué par la Haute Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme, Navi Pillay, afin d'écouter les victimes de violences sexuelles en République Démocratique du Congo (RDC).

« Au cours d'un dialogue interactif, les victimes mais aussi les institutions concernées, auront l'opportunité de partager leurs expériences et leurs opinions sur les différentes mesures de réintégration - judiciaires, médicales, psychosociales et socio-économiques - actuellement disponibles pour répondre à leurs besoins en terme de justice et de réparation », a expliqué mercredi le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) par communiqué de presse.

Le Panel doit notamment évaluer la manière dont les victimes de violences sexuelles et les acteurs locaux perçoivent les réponses apportées, « en particulier le caractère adéquat des réparations », a indiqué le HDCH. Présidé par le Haut-commissaire adjoint aux droits de l'homme, Kyung-wha Kang, le panel sera composé d'Elisabeth Rehn, ancienne Ministre de la défense de la Finlande et actuellement membre du Conseil d'administration du fond de réparation aux victimes à la Cour pénale internationale (CPI), et du Directeur de l'Hôpital Panzi à Bukavu (Sud Kivu), Denis Mukwege. Le travail du panel bénéficiera également de la participation des autorités nationales et locales congolaises.

La préparation des auditions des victimes a été organisée avec l'assistance du Bureau Conjoint des Droits de l'homme des Nations Unies (BCNUDH) en RDC. Le panel débutera ses travaux le 30 septembre 2010 à Bukavu, au Sud-Kivu, et se rendra dans plusieurs provinces du pays jusqu'au 10 octobre.

Le panel organisera un forum à Kinshasa le 12 octobre 2010 afin de présenter ses observations préliminaires et discuter du suivi avec les différents partenaires : le gouvernement, les Nations Unies, la communauté internationale et la société civile. Le mercredi 13 octobre, le Panel terminera sa visite par la tenue d'une conférence de presse au quartier-général de la MONUSCO à Kinshasa, a précisé le HCDH.

La Représentante spéciale de l'ONU pour les violences sexuelles dans les conflits, Margot Wallström, a entamé mardi une visite de travail en RDC qui durera jusqu'au 6 octobre, afin de coordonner la réponse du système des Nations Unies après les viols de masse perpétrés fin juillet-début août dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu, par les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les milices Maï-Maï.

Mme Wallström, qui s'exprimait lundi, en marge du Conseil des droits de l'homme actuellement en session à Genève, a appelé les gouvernements (congolais et les membres de la communauté internationale) à se mobiliser pour traduire en justice les coupables de ces viols « avant que l'attention des médias ne diminue ».

Le porte-parole de la MONUSCO, Madnodje Mounoubai, a indiqué mercredi lors d'une conférence de presse que les tensions se sont « fortement multipliées au Nord-Kivu », dans la région de Walikale-Kibua-Pinga -la zone des récents viols de masse- où les Forces armées congolaises (FARDC) ont lancé « une nouvelle opération unilatérale depuis le 19 septembre 2010 dans la jungle au Nord de Kibua ». A ce jour, quatre éléments des FDLR ont été tués et huit autres blessés.

« Le 19 septembre 2010, quatre éléments FDLR ont essayé de piller des maisons à Kinyandonyi, village situé à 10 kilomètres au nord de Kiwanja, mais ont été empêchés par une patrouille des forces armées de RDC (FARDC) qui a tué l'un d'eux dans un échange de tirs. Le 20 septembre 2010, l'Agence nationale de renseignement (ANR) a rapporté avoir arrêté deux éléments Maï-Maï qui recherchaient des renseignements à Walikale. Le 22 septembre 2010, les FARDC ont eu un accrochage avec les éléments de l'Alliance des Patriotes pour un Congo Libre et Souverain (APCLS) sur l'axe Pinga – Kibua. Le bilan du nombre de rebelles tués est inconnu », a souligné le porte-parole de la MONUSCO.

« Le 15 septembre 2010, au Sud-Kivu, les éléments des FDLR ont pillé le village Bushajaga, situé à 20 kilomètres au Sud-ouest de Sange et ont enlevé le chef », a-t-il conclu.

 

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