Israël déclare être prêt pour une solution équitable avec les Palestiniens

28 septembre 2010

« Nous sommes prêts pour une solution équitable et nous sommes prêts à coopérer avec la communauté internationale, mais nous ne sommes par prêts à compromettre notre sécurité nationale et les intérêts vitaux de l'Etat d'Israël », a souligné mardi lors de la 65ème Assemblée générale de l'ONU, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Liberman.

Devant les Etats membres, il a commencé par battre en brèche trois « idées reçues » selon lui, sur le conflit israélo-palestinien et le processus de paix.

« Contrairement à l'idée qui prévaut, selon laquelle le conflit israélo-palestinien est au cœur de l'instabilité au Moyen orient ou à l'origine de nombreux conflits dans la région, la réalité est entièrement différente », a-t-il dit, avant de souligner que « 90% des conflits au Moyen orient, guerre Iran-Iraq, guerre du Golfe, guerre au Yémen, guerre au Liban, guerre en Algérie, n'étaient pas liés à Israël ».

« La deuxième explication fausse qui a gagné en popularité, c'est l'idée selon laquelle la racine du problème, c'est ce qui est appelé 'l'occupation', les colonies en Judée-Samarie et les colons eux-mêmes, et que seul un Etat palestinien indépendant en Judée-Samarie et à Gaza peut assurer la paix à toute la région », a-t-il ajouté.

Selon Avigdor Liberman, cet argument ne tient pas s'il est confronté à l'Histoire : « la Judée-Samarie et Gaza ont été sous contrôle arabe pendant 19 ans, de 1948 à 1967, sans que personne n'essaye d'y créer un Etat palestinien », a-t-il souligné, ajoutant que « la paix avec l'Egypte et la Jordanie, avait été signée en dépit des colonies ».

Troisième idée reçue selon le chef de la diplomatie israélienne, « le problème palestinien empêche un front international uni face à l'Iran ». Pour lui, « le même argument peut être utilisé ailleurs, le problème palestinien empêche une action contre la Corée du Nord, la piraterie en Somalie, la crise humanitaire au soudan ». Selon Avigdor Liberman, « le lien entre l'Iran et le conflit israélo-palestinien est inverse », l'Iran utilise le conflit israélo-palestinien à ses fins, alors que « le problème de l'Iran doit être résolu en premier ».

Après avoir rejeté ces « idées reçues », le chef de la diplomatie israélienne a souligné que la résolution du conflit israélo-palestinien posait deux types de problèmes : émotionnels et pratiques. « C'est pour cette raison que la solution doit aussi être en deux phases ».

« Le problème émotionnel est lié au manque de confiance entre les parties et aux questions de Jérusalem et la reconnaissance d'Israël comme foyer du peuple juif », a-t-il insisté, avant d'estimé que la solution à cet obstacle était « un accord intermédiaire sur le long terme ».

Il a ensuite fait valoir que « pour arriver à un accord final », il fallait d'abord « comprendre que le premier problème pratique est celui des frictions entre deux nations ». « Là où il y a deux nations, deux langues, deux religions, il y a conflit, comme dans les Balkans, dans le Caucase, en Afrique ou au Moyen Orient, et là où la séparation a été réalisée, les conflits ont cessé ou ont considérablement diminué ».

Conclusion pour Avigdor Lieberman, « le principe qui doit guider la recherche d'un accord final, ce n'est pas la paix contre des territoires, c'est la paix contre l'échange de territoires peuplés (?) en déplaçant les frontières afin de mieux refléter les réalités démographiques ».

Devant l'Assemblée générale de l'ONU, le ministre israélien a finalement rappelé que « 2000 ans d'exil du peuple juif ne pouvaient pas, et ne pourront jamais, remettre en cause le lien incassable entre le peuple juif et sa terre natale ». « Israël, ce n'est pas seulement où nous sommes, c'est aussi qui nous sommes », a-t-il conclu.

 

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