Flottille pour Gaza : une mission d'enquête accuse Israël de violence inutile

27 septembre 2010

Les militaires israéliens ont manifesté une « violence totalement inutile » lors de leur interception d'une flottille se rendant à Gaza le 31 mai, a déclaré lundi à Genève le juge Karl Hudson-Phillips, chef de la Mission internationale indépendante d'établissement des faits créée par le Conseil des droits de l'homme.

Neuf civils sont morts et plusieurs autres ont été blessés lors de cet incident contre une flottille de navires partis de Turquie pour amener de l'aide à la population de Gaza, qui est soumise à un blocus par Israël depuis 2007.

La mission, qui est différente du panel de personnalités créé début août par le Secrétaire général de l'ONU pour examiner le même incident, estime que le comportement des militaires israéliens envers les passagers de la flottille a été « disproportionné et excessif », a dit le juge Hudson-Phillips devant le Conseil des droits de l'homme à qui il présentait le rapport de 56 pages rédigé par la Mission.

Le rapport, qui a été publié la semaine dernière, estime que l'interception en haute mer du Mavi Marmara, l'un des navires faisant partie de la flottille, était « clairement illégale ». Les trois membres de la mission estiment qu'il y a suffisamment de preuves pour entraîner des poursuites criminelles. Ils regrettent que le gouvernement israélien ait refusé de coopérer avec la mission.

Selon le juge Hudson-Phillips, aucune arme n'a été saisie à bord des navires de la flottille à l'exception de quelques lance-pierres. Quand il est apparu que les forces israéliennes avaient l'intention de monter à bord du Mavi Marmara, un très petit groupe de passagers s'est armé de morceaux de bois et de fer arrachés des garde-fous du navire, a-t-il souligné.

Il n'y a pas de preuve que des coups de feu ont été tirés du Mavi Marmara en direction des navires transportant des militaires israéliens, a ajouté le juge. En revanche, « les militaires israéliens ont tiré des balles réelles contre les passagers du Mavi Marmara, tuant neuf d'entre eux et en blessant plus de 50 autres ; six des personnes décédées ont été victimes d'exécutions sommaires, deux ont été abattues après avoir été grièvement blessées et alors qu'elles ne pouvaient pas se défendre », a déclaré le juge Hudson-Phillips.

La Mission du Conseil des droits de l'homme a aussi constaté que les forces israéliennes, après avoir pris le contrôle du Mavi Marmara, ont menotté pratiquement tous les passagers et les ont fait rester à genoux pendant des heures. Quand elles les ont débarqués au port d'Ashdod, elles ont tenté de leur faire signer des confessions selon lesquelles ils étaient entrés illégalement en Israël. Ceux qui ont refusé de signer ou de donner leurs empreintes digitales ont été tabassés.

La mission, présidée par le juge K. Hudson-Phillips, ancien juge à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, a interrogé plus de 100 témoins à Genève, Londres, Istanbul et Amman. La Mission compte également deux autres membres : Desmond de Silva, ancien procureur au Tribunal spécial pour la Sierra Leone, et Shanthi Dairiam, ancien membre du Comité pour l'élimination de la discrimination contre les femmes.

 

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