Cuba soutient l'Iran et le droit des pays du Sud à l'usage pacifique de l'énergie nucléaire

27 septembre 2010

« Pendant que nous délibérons ici, des forces puissantes et influentes aux Etats-Unis et en Israël tracent le chemin d'une attaque militaire contre l'Iran ; le Conseil de sécurité adopte des sanctions illégales pour étouffer l'économie iranienne ; si cette agression se concrétise, ce sera un crime contre le peuple iranien et une attaque contre la paix et le droit international », a déclaré lundi à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, le ministres des Affaires étrangères de Cuba, Bruno Rodriguez Parrilla.

Selon lui, le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'organe de l'ONU fondée en 1957 pour promouvoir les usages pacifiques de l'énergie nucléaire et limiter le développement de ses applications militaires, qui met en avant le manque de coopération de l'Iran, est « politiquement biaisé » et « crée le prétexte à une escalade vers la guerre ».

Pour le chef de la diplomatie cubaine, le monde en général et le Moyen-Orient en particulier est proche « d'un conflit qui sera certainement nucléaire ».

Selon lui, « cette menace est trop sérieuse pour faire confiance au Conseil de Sécurité, où les pays qui occupent les plus hautes responsabilités dans cette crise l'utilisent pour imposer leurs propres desseins aux autres ».

« Sanctions, sièges, confrontations ne sont pas la manière dont on préserve la paix et la sécurité internationale. Au contraire, dialogue, négociations et adhésion aux principes d'égalité entre Etats souverains sont les seules manières d'éviter la guerre », a poursuivi Bruno Rodriguez Parrilla, avant d'expliquer que Cuba encourageait des pays comme la Chine, la Russie, le Brésil et la Turquie « qui essayent de trouver une solution pacifique et appellent la communauté internationale à les soutenir ». « C'est le devoir de l'Assemblée générale de l'ONU de soutenir ces efforts », a-t-il encore ajouté.

Dans ce contexte, le ministre cubain des Affaires étrangères a estimé que l'ONU devait être « radicalement réformée », « le pouvoir de l'Assemblée générale réaffirmé » et « le Conseil de sécurité refondé ».

« Le danger sérieux posé par les armes nucléaires peut disparaître seulement si elles sont totalement éliminées et si leur utilisation est complètement interdite », a encore déclaré Bruno Rodriguez Parrilla devant les Etats membres. Pour lui, « la manipulation qui entoure le régime de non prolifération, qui est basée sur des intérêts politiques et un double standard, avec d'un côté l'existence d'un club privilégié et de l'autre, les pays du sud à qui le droit à l'usage pacifique de l'énergie nucléaire est refusé, doit cesser ».

En conclusion, il a défendu un désarmement général, rappelant « une proposition du Mouvement des Pays non-alignés restée vaine » qui contenait un programme d'action incluant la création de zones exemptes d'armes nucléaires.

« Il est urgent d'établir une telle zone au Moyen Orient, où Israël est le seul Etat à s'opposer à une telle initiative », a-t-il conclu.

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