Le Maroc relance son initiative pour le Sahara occidental devant l'ONU

27 septembre 2010

« Du haut de cette tribune, le Maroc appelle la communauté internationale à s'investir fortement dans les efforts visant le règlement des différends ouverts et latents qui enveniment les relations entre Etats voisins et entravent leur indispensable intégration économique », a déclaré devant la 65ème Assemblée générale, le Premier ministre du Maroc, Abbas El Fassi.

Il a ensuite rappelé que le Maroc avait soumis aux Nations Unies, en 2007, « une Initiative d'autonomie destinée à régler définitivement le différend artificiellement entretenu autour du recouvrement par le Maroc de ses provinces du sud ».

Baptisée « Initiative nationale pour la négociation d'un statut d'autonomie de la région du Sahara », le plan des autorités marocaines s'inspire des propositions de l'ONU.

Le Maroc s'engage à garantir à tous les Sahraouis à l'extérieur comme à l'intérieur, toute leur place et tout leur rôle, sans discrimination ni exclusive, dans les instances et institutions de la région, afin que les populations du Sahara gèrent elles-mêmes, démocratiquement, leurs affaires à travers des organes législatif, exécutif et judiciaire dotés de compétences exclusives.

De son côté, l'Etat marocain conservera ses compétences régaliennes, en particulier la défense, les relations extérieures et les attributions constitutionnelles et religieuses du roi. Le statut d'autonomie finale de la région sera lui soumis à référendum, conformément au principe de l'autodétermination et des dispositions de l'ONU.

« Cette initiative audacieuse et innovante a bénéficié du soutien de la communauté internationale et du Conseil de sécurité de l'ONU, qui ont qualifié les efforts la sous tendant de sérieux et crédibles », a rappelé dans son intervention le chef du gouvernement marocain. « Ils ont également salué la contribution active du Maroc, pour faciliter la résolution de ce différend qui hypothèque l'intégration magrébine et entrave la prospérité des peuples du Maghreb », a-t-il ajouté.

Abbas El Fassi a ensuite appelé « les autres parties à saisir cette opportunité historique pour s'engager dans des négociations de fond, sous l'égide du Secrétaire général de l'ONU et de son envoyé, auxquels nous réitérons notre volonté sincère de coopération ».

Il a enfin estimé que « la nécessité d'affranchir la région de ce différend qui plombe l'action commune » se faisait « sentir de plus en plus durement et au quotidien dans la région ». Selon lui, une solution est également « de plus en plus impérieuse » au regard « des enjeux sécuritaires qui concerne l'espace sahélo-saharien ».

Evoquant ensuite les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui faisaient l'objet d'un Sommet au siège de l'ONU la semaine dernière, le Premier ministre marocain a regretté que leur réalisation ait pris du retard dans de nombreux pays d'Afrique.

« Avec une population de plus de 900 millions de personnes et des ressources naturelles lui permettant d'assurer son autosuffisance, l'Afrique pourrait devenir un continent de croissance », a-t-il souligné, avant de déplorer que « en dépit de ça, l'Afrique reste marginalisée par rapport aux flux d'investissements étrangers directs dans le monde ».

C'est pour remédier à cet état de fait qu'il a proposé, au nom de son pays, « l'organisation par l'Assemblée générale de l'ONU, d'un dialogue de haut niveau sur l'investissement étranger en Afrique ».

 

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