L'ONU appelle à agir sur la question des femmes dans les conflits

25 septembre 2010
Des femmes et des enfants déplacés dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Dix ans après une résolution historique du Conseil de sécurité sur le rôle que les femmes peuvent jouer dans la promotion de la paix et de la sécurité, le monde n'a pas répondu aux attentes, a déclaré samedi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, appelant les Etats membres à passer des discours à la réalité.

Il est temps de prendre « des engagements concrets » pour protéger les femmes et les jeunes filles des ravages de la guerre et pour s'assurer qu'elles jouent un plus grand rôle dans la prévention et la résolution des conflits, a-t-il dit lors d'une réunion ministérielle consacrée à la résolution 1325 (2000) au siège des Nations Unies à New York.

Le Secrétaire général a noté certains succès comme en Afghanistan et au Burundi, où l'ONU a soutenu la participation des femmes à la réforme constitutionnelle post conflit. Dans d'autres pays comme le Timor-Leste et la Sierra Leone, les Nations Unies ont aidé à augmenter la proportion des femmes dans les forces de sécurité.

Mais il a constaté que les femmes sont toujours exclues des processus de paix. « Le secteur de la sécurité dans de nombreux pays est toujours dominé par des hommes », a-t-il noté.

Surtout, de manière tragique, les femmes et les jeunes filles sont souvent victimes de violences sexuelles lors de conflits. « La communauté internationale échoue encore à protéger les plus vulnérables, comme nous l''avons vu récemment en République démocratique du Congo », a souligné Ban Ki-moon.

Cette question des violences sexuelles est si grave que le Conseil de sécurité a adopté deux autres résolutions à ce sujet, a-t-il relevé, précisant qu'il avait nommé une Représentante spéciale sur la violence sexuelle dans les conflits, Margot Wallström, pour s'assurer que cette question faisait l'objet d'une attention au plus haut niveau.

Pour transformer les discours en réalité, Ban Ki-moon a estimé qu'il fallait, « par-dessus tout mettre fin aux violations brutales et flagrantes des corps des femmes et des jeunes filles lors d'un conflit armé ». « Nous devons mettre les femmes en tête et au centre des processus de paix, des négociations et des médiations, de la gouvernance post conflit et de la reconstruction. Nous devons créer et mettre en œuvre les lois, afin que ceux qui ont commis de tels crimes soient poursuivis », a-t-il ajouté.

Il a également suggéré de développer des plans d'actions nationaux pour mettre en œuvre la résolution1325. Pour l'instant, seuls 19 pays l'ont fait.

Enfin, le Secrétaire général a appelé la communauté internationale à mobiliser les ressources pour que ce travail soit fait.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.