L'ONU ne doit pas devenir un outil pour les puissants, selon le Rwanda

24 septembre 2010
Le président du Rwanda Paul Kagamé.

Le Président du Rwanda, Paul Kagamé, a estimé vendredi qu'il était temps de réexaminer le rôle de l'ONU dans la gouvernance mondiale, dans un discours devant la 65ème Assemblée générale de l'ONU.

Si le Président rwandais reconnaît qu'aux défis majeurs qui se posent au monde, terrorisme, changement climatique, pauvreté, crise financière, ne peut être apportée qu'une réponse globale rassemblant les efforts des toutes les nations, il est clair pour lui que « l'ONU est devenue une organisation à deux vitesses ».

Selon Paul Kagamé, « l'ONU reflète aujourd'hui un monde qui semble être divisé en deux catégories : une avec des valeurs louables inhérentes, des droits et des libertés, et l'autre qui a besoin d'être éduquée sur ces valeurs ».

« Mon pays et beaucoup de pays en développement semblent être tombés dans la seconde catégorie. Non seulement marginalisé, mais en plus considéré comme des violeurs chroniques de nos propres droits de l'homme», a-t-il poursuivi.

« L'ONU a certains standards pour certains pays et d'autres standards pour les autres pays », a-t-il estimé.

Paul Kagamé estime donc qu'un « débat à l'ONU entre ces deux catégories est nécessaire en urgence ». « Aucune entité n'est mieux placée que notre organisation commune des Nations Unies pour apporter égalité et respect, en dépit des disparités de statut économique », a-t-il ajouté.

Après avoir rappelé que le Rwanda « croyait au multilatéralisme et comprenait que les défis globaux ne pouvaient être résolus qu'au travers de la coopération internationale », Paul Kagamé a estimé que « réaffirmer le rôle de l'ONU dans la gouvernance globale présupposait de renforcer l'organisation et de la réformer pour la rendre plus efficace dans ses réponses et son action ».

« Nous devons nous assurer que cette organisation ne devienne pas un outil pour les puissants, pour protéger leurs intérêts, renforcer leur influence ou subjuguer celles des autres », a-t-il conclu.

 

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