Pour le Royaume Uni, les valeurs de l'ONU sont celles du monde, pas de l'Occident

24 septembre 2010
Nick Clegg, Vice-Premier ministre du Royaume-Uni.

« En tant que communauté de nations, nous faisons face aujourd'hui à trois défis profond : une transformation de la répartition des pouvoirs, la mondialisation des problèmes et une augmentation de la circulation des idées », a estimé vendredi le vice-Premier ministre du Royaume Uni, Nick Clegg, dans son allocution devant la 65ème Assemblée générale de l'ONU.

Selon lui, ces trois nouveaux défis dessinent « un nouveau monde » et nécessitent des réponses. « Nous devons réformer nos institutions multilatérales pour les adapter à la nouvelle carte du monde, renforcer nos actions internationales sur la construction de la paix, le changement climatique et le développement, et enfin promouvoir des valeurs libérales et des droits de l'homme pour gagner la bataille des idées », a-t-il poursuivi.

Revenant sur le premier défi, celui de la nouvelle répartition des pouvoirs dans le monde, Nick Clegg a estimé que « ces dernières années, les institutions internationales avaient lutté pour s'adapter aux nouvelles circonstances ». Il a donc souligné que les réformes étaient essentielles, à commencer par celle de l'ONU.

« Le Conseil de sécurité doit être réformé pour refléter la nouvelle répartition des pouvoirs. Le Royaume Uni est clair et sans ambigüité sur son soutien à l'attribution d'un siège permanent au Brésil, à l'Inde, à l'Allemagne, au Japon et à une représentation africaine », a-t-il défendu devant les Etats membres.

Evoquant le second défi, celui de la mondialisation des problèmes. Nick Clegg a rappelé que les conflits minaient la prospérité et détruisaient le développement, que des efforts plus importants devaient donc être déployés pour les éviter.

« Le maintien de la paix n'est pas la réponse. Nous avons aussi besoin de construire la paix », a-t-il expliqué, avant d'énumérer les défis qui attendent la communauté internationale en 2011 : référendum d'auto-détermination au Sud Soudan, fin de la transition en Somalie, poursuite de la stabilisation de la République démocratique du Congo, de l'Afghanistan, aide au Pakistan et à Haïti.

Enfin à propos du troisième défi, celui de la circulation des idées dans un monde globalisé. Le vice-Premier ministre britannique a estimé que les valeurs des institutions internationales, telles que l'Etat de droit, la liberté d'expression et de croyance, la démocratie, l'égalité des genres, devaient être défendues.

« Ces valeurs sont parfois décrites comme des valeurs occidentales – seulement par ceux qui ne connaissent pas leur propre histoire », a-t-il indiqué, ajoutant qu'il y a « quatre siècles, quand on brûlait les hérétiques en Europe, l'empereur Akbar le Grand du royaume de Mughal légiférait pour la liberté de religion et l'égalité dans ce qui est devenu aujourd'hui l'Inde ».

Pour Nick Clegg, « la vérité est que ces valeurs libérales d'égalité, d'Etat de droit, d'auto-détermination ne peuvent pas être revendiquées par une nation, ni un hémisphère. Ce sont des valeurs globales, avec une force globale. Ce sont aussi les valeurs qui sont au cœur de la Charte de l'ONU ».

« Nous ne devons jamais nous excuser de promouvoir l'idée selon laquelle les hommes et les femmes sont égaux, ne jamais renoncer à défendre le fait que les gouvernants choisis par leur peuple sont meilleurs, ne jamais être réservés quand à notre conviction selon laquelle personne ne peut être tenu au silence pour sa religion ou ses croyances », a-t-il encore ajouté, avant de conclure en réaffirmant que le Royaume Uni continuerait « à défendre les droits de l'homme partout dans le monde ».

 

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