La République de Chypre appelle la Turquie à transformer ses mots en actes

24 septembre 2010
Le Président de la République de Chypre, Dimitris Christofias.

« La Turquie doit respecter l'indépendance et l'intégrité territoriale de la république de Chypre et contribuer à parvenir à un accord qui réunifiera Chypre et son peuple », a demandé vendredi le Président de la République de Chypre, Demetris Christofias, dans son discours devant la 65ème Assemblée générale de l'ONU.

Devant les Etats membres, le dirigeant chypriote grec a rappelé que dès 1977, les dirigeants chypriotes grecs avaient accepté l'idée d'une fédération bi-communale et bizonale basée sur l'égalité politique. « Une concession à la communauté chypriote turque pour faciliter la réunification de l'île », selon lui.

Il a ensuite souligné que depuis son élection en 2008, il s'était « activement engagé avec les dirigeants de la communauté chypriote turque » dans un processus de négociations « appartenant aux Chypriotes », afin « de trouver une solution mutuelle et acceptable » au problème de la partition de l'île.

Faisant ensuite le point sur les négociations lancées en 2008 sous l'égide de l'ONU, il a estimé que « des progrès avaient été faits sur certaines questions, même s'ils demeuraient moins importants qu'escomptés ».

Le Président de la République de Chypre a notamment cité les multiples rencontres qui se sont déroulées pendant l'été, précisant que pour accélérer encore le processus de négociations, il avait fait trois propositions aux dirigeants chypriotes turques.

« La première consiste à lier les chapitres sur les propriétés, la délimitation des territoires et des colons ». La seconde suggère d'organiser « une Conférence internationale, sous les bons hospices du Secrétaire général de l'ONU, quand les deux parties seront proches d'un accord sur les questions internes ». La troisième consiste à réhabiliter la ville de Framagusta, que les Chypriotes grecs ont fui lors de l'invasion turque de l'île en 1974, « sous le contrôle de l'ONU » et en intégralité, de manière à ce que la communauté turque vivant dans le centre historique de la ville en profite aussi.

« Malheureusement, le nouveau dirigeant chypriote turc et les dirigeants de Turquie ont rejeté ces trois propositions », a-t-il regretté à la tribune de l'ONU.

« Les dirigeants de Turquie ont assuré à la communauté internationale qu'ils voulaient une solution au problème avant la fin 2010. Nous attendons toujours que leurs mots se transforment en acte », a poursuivi Demetris Christofias, avant de réitéré son appel aux dirigeants de Turquie pour qu'il le rencontre, « parallèlement au processus de négociation en cours », pour qu'il puisse leur exposer sa « vision d'une solution au problème de Chypre, qui servira les intérêts des Chypriotes, de la Turquie, de la Grèce, ainsi que la paix et la sécurité de toute la région ».

« Le peuple de Chypre a assez souffert. Il est temps de dépasser les problèmes, de parvenir à la réconciliation entre les deux communautés et de réunifié notre pays et notre peuple au nom de la paix et des futures générations », a-t-il conclu.

 

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